En action

Lombricompostons !

Le lombricompostage, ça demande très peu en investissement, en place, en connaissances et en temps. Voici mon expérience concrète, en espérant que ça vous convainque que c’est facile et chouette. J’ai lu pas mal de choses sur divers sites pour m’y retrouver, mais pas de panique, c’est très simple à gérer et même si on improvise, il y a des chances pour que ça marche. Je ne reviens pas ici sur les notions techniques/théoriques car de nombreux sites les exposent très bien.

Acquérir le nécessaire

Tout au début il a fallu trouver un lombricomposteur. Plusieurs villes en donnent aux résidents. De notre côté, nous l’avons acheté sur un site de petites annonces : une dame vendait des lombricomposteurs qu’elle réalise à partir de caissettes en plastiques empilables. Concrètement, il suffit d’avoir un bac étanche en-dessous, puis plusieurs niveaux encastrables qui communiquent. Ce qui nous a plu surtout, ce sont ses petites dimensions : 20 x 30 cm. Si on monte tous les étages on arrive à 60 cm de haut.

Pour trouver des vers, je suis allée sur Plus2vers, site d’entraide au lombricompostage. Il met par ailleurs en relation des gens qui donnent des vers avec ceux qui en cherchent. C’était vraiment très facile.

 

Les installer

Pas sur le balcon car la pluie les noie. Pas à côté du radiateur car les pauvres meurent au-delà de 30°. Dans un endroit assez spacieux pour démonter les bacs, et facile d’accès.

Pour commencer, j’ai mis du terreau, du carton en copeaux, un tout petit peu de nourriture hachée, et mes vers. Et j’ai attendu. Comme beaucoup, j’étais impatiente, j’ai mis beaucoup trop de nourriture le premier mois, donc ça a un peu moisi, alors que c’est simple il suffit d’attendre et de regarder si les vers mangent. C’est un peu long car ils sont un peu sensibles et mettent pas mal de temps à se remettre de leur déménagement. Puis ça commence tout doucement, et plus le temps passe, plus il y a de vers, et plus ils peuvent ingérer de nourriture.

Les nourrir

Je mets tous mes déchets végétaux, sauf l’ail, les agrumes, et les choses qui mettent trop de temps à se dégrader (écorces de châtaignes…), hachées en tous petits bouts. Parfois ils sont nourris peu mais quotidiennement, parfois je leur donne beaucoup d’un coup… ça dépend de mon assiduité dans la cuisine ! J’ajoute le même volume de carton (sans encre ni colle, et déchirés en tous petits bouts aussi) ou de feuilles mortes sèches, et si j’ai l’occasion de la coquille d’œuf broyé de temps en temps.

Changer de bac

Quand le bac est rempli, j’en rajoute un au-dessus. Nous sommes deux ici, et je tourne habituellement avec trois ou quatre bacs.

Étager

Ce n’est pas très conventionnel mais mon bac de nourriture fraiche est le plus en dessous, et le plus ancien est en haut de la pile. Déjà parce que la nourriture fraiche, en se dégradant, rejette beaucoup d’eau, et ça trempe beaucoup les bacs d’après, donc je préfère que ça ruisselle direct dans le bac de récupération du jus. Ensuite parce que j’ai lu partout que « quand les vers ont faim, ils se mettent debout sur leur petit corps pour se hisser dans le bac supérieur » qui est celui où on met normalement la nourriture fraîche. En pratique, ça implique d’être vigilant sur le remplissage des bacs. Le compostage fait que le volume de la nourriture fraiche réduit beaucoup. Donc pour espérer que les lombrics se hissent vers le haut, il faut sans arrêt remplir le bac où ils sont, et ça m’ennuie un peu. Du coup, quand les lombrics ont faim, ils n’ont qu’à se laisser tomber dans le bac du dessous, tout simplement :)

Partir en vacances

Je me suis absentée plusieurs fois, dont une fois pendant plus de trois semaines. J’avais simplement descendu le lombricomposteur dans la cave de l’immeuble (un lieu calme à température moyenne et constante) et… c’est tout. Quand je suis revenue ils avaient fait un super beau compost.

Mythes et réalités

Ce qui est vrai, c’est que ça ne sent rien, sauf s’il y a des choses qui périment, et dans ce cas c’est qu’il y a vraiment trop de nourriture. Et sauf si vous avez des vers qui meurent : j’en ai perdu pas mal alors que je m’étais absentée peu de temps, mais qu’il faisait très chaud dans l’appartement).

Sauf si vous avez un super grand composteur rempli de vers, vous aurez parfois trop de déchets, c’est ainsi, soyons raisonnables et ne surchargeons pas le lombricomposteur de nourriture, elle finira par moisir. Ainsi, à la saison des compotes, une partie des épluchures finissent dans le composteur du jardin de la commune.

Les profiteurs

J’ai eu deux invasions de bestioles : les Mouche des drains (Clogmia albipunctata), qui sont les mouches les plus apathiques du monde. Elles n’essaient même pas de s’envoler quand vous les touchez. Et les mouches à fruits (Drosophila melanogaster), plus petites, plus réactives. Je n’ai pas d’explication précise à ça, si ce n’est que le composteur est le lieu rêvé pour elles. Ces vagues d’indésirables sont passées soit par magie, soit en les affamant et en ne nourrissant plus les vers, soit en mettant le lombricomposteur dans un endroit carrément frais voire froid.

Les soins

Je regarde presque tous les jours mon lombricomposteur pour vérifier que tout va bien. Un petit coup d’œil rapide, pas la peine de remuer quoi que ce soit. Ça me permet de vérifier que tout est bien, qu’il n’y a pas trop de nourriture, ou de bêtes, ou que les vers sont au bon endroit : il arrive que mes vers « glissent » dans le bac de récupération de jus, et dans ce cas il convient de les sauver. Dans tous les cas, ne perdons pas de vue que les vers sont des êtres vivants, qu’ils réagissent à leur environnement et tâchent clairement de rester en vie. Comme un chaton tout doux trop mignon, avec moins de poils.

La récolte

Pour le jus, je le dilue dans 10 fois son volume d’eau et j’arrose mes plantes avec. Mais parfois je n’ai pas de jus du tout pendant plusieurs semaines (parce qu’il y a plus de carton dans le bac ?).

Pour le compost : normalement il faudrait attendre que les vers aient déserté un bac pour affirmer que le compost est mûr. Dans mon cas, l’installation est trop petite par rapport à nos besoins, si je faisais ça je devrais jeter ailleurs la plupart de mes déchets. Du coup, j’attends que le bac soit rempli de « compost », c’est-à-dire cette espèce de terre fraiche (mais attention ce n’est pas de la terre), homogène, composée de turricules. Les vers fuient la lumière. Quand j’ouvre le bac, en quelques instants ils descendent. Je prélève alors la couche de « terre » dans laquelle il n’y a plus personne, j’attends un peu que la lumière les poussent plus profondément, et prélève couche par couche. J’utilise ce compost dans les jardinières, soit mélangé à du terreau pour créer une nouvelle jardinière, soit je rajoute cette matière sur des jardinières déjà existantes. Il est conseillé de ne pas l’utiliser pure, mais jusqu’ici aucune de mes plantes ne s’est cramé les racines.

Le problème, quand on n’attend pas que les vers aient quitté le bac, c’est qu’ils sont toujours en train de pondre dedans, et que dans la terre il y a donc des bébé vers et des œufs non éclos. La plupart du temps, je prélève dans les bacs petit à petit, du coup la couche supérieure de matière ne contient pas beaucoup, voire pas du tout, d’individus. Sinon.. je trie ! Et je remets dans le composteurs tous les petits lombrics égarés et les oeufs.

La surprise

Comme on peut s’en douter, ce tri n’est pas 100% efficace, donc j’incorpore du compost habité dans mes jardinières. Eh bien… tant pis/tant mieux :) Quel plaisir, quand je dois dépoter une plante, de trouver des vers de terre dans ma jardinière plusieurs mois après le dernier dépôt de compost. Un sol vivant sur son balcon, c’est peut-être possible.

 

Ce que j’ai trouvé dans ma jardinière

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