• En action

    Kiwi le délicieux

    Le 12 mars 2019, je semais naïvement des graines de kiwi issues de fruits du commerce (miam). Il n’existe pas des tas d’espèces de kiwis comestibles, aussi peut-on imaginer qu’il s’agit d’Actinidia deliciosa ou d’un mutant proche. On l’appelle parfois Souris végétale, à cause de l’aspect désopilant de ses fruits.

    Les graines ont été mises à germer sur un simple coton humide, puis les plantules ensevelies dans du terreau. Il en restait pas mal, mais elles sont mortes au fur et à mesure, sans doute de négligence. Le pot a passé l’hiver tel quel dans la véranda (aux températures très basses en hiver) sans arrosage et sans surveillance. Et au printemps… Il en reste un :)

    Il est tout poilu, et a une croissance assez fulgurante ces semaines-ci. C’est une liane, aussi a t-il besoin d’un tuteur. Et on se rappellera que les individus sont soit mâle, soit femelle, donc en avoir un seul nous assure de n’avoir jamais aucun fruit :D

    Dire qu’au début c’était une graine d’1mm…
  • En action

    Des kwiks et des kwaks

    J’aimerais faire un petit tour des choses qui n’ont pas marché l’an dernier, car je trouve ce genre de retour d’expérience assez précieux. Ce sont surement des erreurs de débutant, et bien sûr elles sont directement liées à leur contexte et milieu.

    Le paillage

    On ne compte plus ses vertus, le paillage c’est trop génial. Mais pas tout le temps. Le climat n’était-il pas adéquat, ou le paillage trop épais, ou trop tassé par les pluies, toujours est-il que les semis n’ont jamais su le traverser pour trouver la lumière. Il n’y a que les spontanées de type Achillée, avec leurs imposantes racines, qui ont eut assez de ressource pour émerger. Et je ne parle pas de graines de salades ou d’amaranthe, ou autres trucs tout petits. J’évoque plutôt les fèves et autres pois.

    Plus tard dans la saison, j’ai renouvelé l’expérience avec des graines de radis sous un paillage léger. Mais apparemment c’était encore trop dense. Le plant s’est tellement tortillé entre les brins du paillage qu’au final on a une longue racine grêle et quelques feuilles un peu ridicules. Prudence donc.

    Un autre point contraignant, c’est que le paillage « cache » des choses. C’est bien l’idée me direz-vous. Mais il peut aussi cacher des ennuis. Comme des prédateurs.

    Les semis en godets

    La fonte des semis, ce phénomène dû à un champignon qui se plait dans un environnement chaud et humide, j’en ai eu très peu en début de saison. Et puis après, beaucoup, et sur des pieds un peu étoffés, pas forcément sur des petites plantules. Gardons donc à l’esprit que ça peut toucher toute plante en milieu confiné.

    Les semis pleine terre

    Bon alors là c’est facile, on a eu 2 pieds de fèves sur 30, 3 salades sur 20, un tiers des radis à peine… bon, on voit le tableau. Il a fait froid jusqu’à tard, les semis sont morts ou ont végété à l’état de plantule. Et tout le temps qu’ils ne poussent pas, ils restent très vulnérables à leurs prédateurs en tous genres.

    Les prédateurs

    En premier ç’a été les rats taupiers, qui ne facilitent pas du tout la tache. Ils aiment la terre meuble, aussi ont-ils beaucoup de goût pour les languettes que l’on vient de greliner. Parfois ils dévorent ce que l’on plante, comme les pomme de terre. Et comme tout ça est très bien paillé, c’est difficile à contrôler. Parfois ils se contentent de « passer » comme par hasard par un de vos pieds, lequel tombe pitoyablement sur le côté. On a joué à la guéguerre avec un pied d’estragon repiqué chaque matin et déterré chaque nuit pendant un petit moment. Bon, l’estragon est mort. L’émotion.

    Il y a les limaces. Ne nous mentons pas : elles habitent dans le paillage et les bûches qui délimitent chaque languette.

    C’est vrai que dans la mesure du possible il faut planter plus que nécessaire pour permettre à la biodiversité de prendre sa part. Mais ne rêvons pas. La part que prélève un chevreuil nuit après nuit excède largement nos plants, eux-mêmes liés à la quantité de graines disponibles (et la première année, tant que l’on n’a pas soi-même fait ses graines, on trouve souvent qu’on en a trop peu). Juste à garder en tête.

    Enfin bien sûr il y a eu les altises. Et là c’est ma grande faute : il eut fallu agir dès les premiers individus. La rapidité de leur reproduction est telle qu’elles vous prenne de vitesse et qu’on passe du semi préventif au total curatif, et c’est moins facile, et on perd des pieds entiers au passage.

    Les carnivores

    Oui, si un enclos est poreux aux prédateurs, ils risquent de venir, même quand on se trouve dans le jardin. On a fait un immense parcours pour nos poules, pour les contenir plus que pour éviter les prédateurs. Ça n’a pas loupé. Les vieux du coin vous le diront : le renard vient chaparder au nez et à la barbe, par exemple quand on est en train de déjeuner dans la maison alors que les poulettes s’ébattent dans leur parcours.

    Le sirop

    Je ne savais pas.. le sirop peut tourner. Pour l’éviter, il suffit de stériliser les bocaux.

    Planter tout n’importe où

    Ça a plusieurs attraits : c’est beau, ça permet de planter densément, de multiplier les associations bénéfiques, d’échelonner les semis… Par contre, c’est plus difficile à gérer. En novice, il faut bien anticiper la place dont pourrait avoir besoin chacune, ainsi que l’ombre qu’elle pourrait porter. Par exemple, dans les associations que je n’ai pas su mener, il y a la languette pomme de terre + salades. Normalement, les salades sont récoltées avant de butter les patates. Mais là, les salades ont pris un peu leur temps. Du coup, double punition : on ne peut pas butter correctement les patates sans nuire aux salades, et de toutes façons les salades situées côté nord sont restées naines, gênées par l’envergure du buttage.

    Donc

    Cette liste non exhaustive des petits kwaks a pour seule vocation d’attirer notre attention sur d’éventuelles difficultés. Ca ne veut pas dire que je vais arrêter le paillage ou le mélange des plants, ça veut juste dire que l’expérience se construit peu à peu, au rythme des apprentissages :)

  • En action

    Le suivi des semis

    L’an dernier, j’ai essayé de faire attention à ce que je semais, où, quand, dans quelles conditions, et à ce qu’il advenait de tous ces petits plans. Dans l’espoir de pouvoir en tirer de quelconques conclusions sur les méthodes employées et leur adéquation avec le milieu.

    Bien sûr, c’est imparfait, et peut-être même un peu illusoire, car chaque année est différente en terme de météo, de prédateurs etc… Mais on ne sait jamais. Je partage ici la très simple façon utilisée pour m’y retrouver, à l’aide d’un bête tableur, pour les gens qui comme moi n’ont pas de tête et oublient tout d’un coup à l’autre. Ça me permet de voir que les semis de solanacées avaient été faits bien trop tôt l’an dernier, et qu’à conditions égales, il vaut mieux attendre trois semaines de plus.

    Force est de constater que la météo est bien plus douce cette année, pour le moment, mais enfin, ça permet d’aiguiller un peu, jusqu’à ce que je me forge une expérience suffisante.

    Tableur de suivi des semis
    Une proposition simple pour archiver les actions
  • En action,  En théorie

    Pensées noires..

    Les fleurettes aux belles couleurs, quel ravissement !

    Ces couleurs sont l’effet de pigments, regroupés en deux familles : les caroténoïdes et et les anthocyanes. Les premiers s’occupent des couleurs jaune/oranges et les seconds… de tout le reste, du blanc au rouge en passant par le bleu, sauf le vert, qui est réservé à la toute puissante chlorophylle. Ce qui est fou, c’est que ces pigments peuvent se lier à d’autres substances, comme des sels minéraux ou tanins, présentes sur place.

    Ce qui fait qu’un même pigment peut être soit rouge, soit bleu, selon son environnement. C’est ainsi que le coquelicot et le bleuet sont composés du même pigment, la cyanidine, qui est rouge. Simplement, sur le bleuet, la cyanidine est liée à d’autres éléments qui la rendent bleue.

    C’est aussi ce qui explique la métamorphose des Hortensias. Son pigment, la delphinidine, est normalement rouge. Quand on met de l’ardoise au pied, en fait ce n’est pas la couleur de l’ardoise qui « monte » dans la plante.. C’est que, dans un sol acide, la plante sécrète de l’acide citrique qui se lie à l’aluminium du sol. Ce petit mélange va ensuite migrer dans la plante jusqu’aux pétales, où la delphinidine réagit en absorbant la lumière différemment. Et bim c’est bleu. Donc on récapitule : il faut d’un côté un sol acide, de l’autre de l’aluminium (or l’ardoise contient pas mal d’alumine).

    Quant au noir, en fait, il n’est pas vraiment là. C’est juste une teinte très foncée d’une couleur. Mais ça le fait quand même.

    Pensée noire

    Soit dit en passant, j’ai semé ces graines de pensée le 06 septembre dernier, et il n’y a pas eu de levée visible dans les semaines suivantes. Du coup j’ai juste abandonné cette jardinière à son triste sort, dans la véranda aux températures très froides cet hiver. Et maintenant, surprise ! Donc.. ne jamais perdre espoir :D

    Sources

    John King, Le monde fabuleux des plantes, 2004, Editions Belin

  • En théorie

    Avoir le bourdon c’est trop génial

    Contrairement à l’abeille, le bourdon est une des stars de la pollinisation vibratile : c’est une technique qui consiste à s’agripper à la fleur et à « vibrer » en activant les muscles du vol, faisant ainsi gigoter la fleur, et surtout ses anthères. Les anthères, ce sont les petits sacs de pollen au bout des étamines. Chez certaines plantes, les anthères sont déhiscentes (c’est-à-dire qu’elles s’entrouvrent naturellement, comme les siliques) et le pollen est ainsi libéré sans avoir besoin d’aide (voyez les fleurs de courgettes : on en a plein les doigts). Chez d’autres, comme au hasard une partie de nos solanacées ou les myrtilles, le pollen ne peut être expulsé qu’à travers les pores de l’anthère, et pour ce faire, il faut remuer les petits sacs. Les pollinisateurs qui exercent la pollinisation versatile sont donc particulièrement efficaces.

    Voilà pourquoi les tomates, pourtant auto-fertiles, ont besoin d’aide à la pollinisation quand elles sont cultivées dans de grandes serres sous atmosphère contrôlée. Pour y arriver, les producteurs utilisaient soit des vibrateurs électriques, soit une hormone provoquant la chute du pollen, soit des ouvriers, mais entre les coûts et les dommages faits aux plants, ils ont dû vite trouver une autre solution. Dans les années 90, avec l’aide de l’INRA, la nouvelle méthode est adoptée : l’installation d’élevages de bourdons.

    C’est que ces petites mémères ont bien des avantages : plutôt gentilles (quoi qu’elles piquent quand même), rustiques (pas regardantes sur les conditions météo), d’élevage plutôt aisé, qui ne connait pas encore le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles.

    Je voulais faire un petit topo sur les élevages de bourdons, mais je suis tombée sur ce document synthétique qui fait déjà le job.

    On notera cependant qu’on peut assister à un surbutinage, qui engendre trop de vibrations sur les fleurs, qui engendrent des malformations ou avortements des fruits.

    On notera également que l’on reproduit ici ce qu’on fait avec les abeilles depuis les années 60 : fort développement de l’élevage quasi industriel, avec une sélection génétique (et consanguinité) qui empêche l’espèce d’évoluer normalement, forte densité de population (et la menace sanitaire qui va avec), alimentation artificielle (avec des ingrédients pauvres qui ne permettent pas d’entretenir un organisme sain), exposition aux pesticides (les bourdons peuvent être aspergé de fongicides ou insecticides pour aller les répandre sur les plantes), etc. Puisque le vivant est considéré comme ressource. Et qu’on aime l’exploiter pour palier aux déficiences systémiques d’une méthode de culture / d’une vision du monde totalement ineptes.

    Alors, qui parie sur un petit syndrome d’effondrement des ruches de bourdons ?

    Sources

    Pollinisation vibratile

    Le bourdon, ce super insecte pollinisateur !

  • En théorie

    Capu & Bombus

    La capucine est une plante aux multiples vertus. Comestible (et délicieuse), jolie, plante relais pour focaliser les pucerons. Elle peut être grimpante, rampante et sa croissance rapide et facile en fait une fleur idéale tant en intérieur qu’en extérieur.

    Dans son milieu d’origine, au Pérou, ce sont les oiseaux-mouches qui assurent sa pollinisation. Ça tombe bien, leur long bec est tout à fait adapté à la morphologie de la fleur : le nectar est conservé tout au bout de son éperon. 

    fleur de capucine de profil

    Dans le coin, faute de colibris, ce sont les bourdons qui s’en occupent. Mais ils n’ont pas tous une langue assez longue pour accéder à la nourriture (dont Bombus terrestris, un des plus répandus chez nous)… Qu’à cela ne tienne : ils vont percer un trou sur le côté de la fleur afin d’y passer la trompe, faisant fi du mutualisme attendu pendant l’échange “je te donne du nectar mais tu balades mon pollen sur les autres fleurs”. Et ça mon p’tit bonhomme, ça s’appelle du vol de nectar, oui monsieur. Et cette perforation va ensuite continuer de profiter à d’autres insectes, qui s’abstiendront eux aussi de participer à la reproduction de la fleur. 

    Pirate !

    Petit problème écologique

    Les bouleversements actuels entraînent une raréfaction générale des espèces de fleurs. Pour être sûrs de survivre, les bourdons à trompe longue, adaptés aux fleurs comme la capucine, vont aller manger aussi dans les fleurs à corolle peu profonde. La sélection naturelle va ainsi privilégier les individus à trompe courte. Donc les fleurs à corolle profonde auront d’autant plus de mal à se reproduire. Déso.

    Sources

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_capucine

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bombus

    https://uicn.fr/liste-rouge-flore/, regroupe des documents dans lequels on peut consulter les espèces menacées (de “préoccupation mineure” à “éteinte au niveau mondial”). On y apprend au hasard que 421 espèces endémiques de France sont menacées, sur les quelques 5000 que nous comptons. Et pas uniquement de rares spécimens d’orchidées, mais bien des espèces communes, qui nous suivent depuis la nuit des temps, comme la Nigelle des champs, mais que nos nouveaux modes d’exploitation du territoire et du vivant sont en train de détruire.

  • En théorie

    La « qui pue au nez »

    Eurydema ornata (eurydema : corps élargi, ornata : ornée) est la punaise ornée, aussi appelée punaise rouge du chou. Et devinez ce qu’elle mange.. C’a été l’occasion pour moi d’apprendre le mot « déprédateur » : « personne ou animal qui occasionne des dégâts » (latin depraedator : pillage, qui vient lui-même de praeda : proie, qui vient lui-même de prehendo : prendre). Bref, cette punaise boulonne les brassicacées.

    Et pourquoi l’appelle t-on punaise au fait ? Il s’agit du féminin de punais, du latin nariputens : qui pue au nez (nasus : nez, puteo : puer) (au passage on note que puteo est l’origine commune de « puer » et « putride »..)

    Après avoir hiberné, les adultes s’accouplent au printemps. Pour une fois c’est le mâle qui émet de phéromones pour attirer la femelle. Trois à cinq semaines plus tard ils sont les heureux parents d’une vingtaine d’œufs collés sous une feuille. Au bout de 6 semaines, ils sont à leur tour adulte. Et un adulte peut pondre jusqu’à 7 fois… Toute cette petite famille se nourrit essentiellement en ponctionnant le liquide cellulaire des feuille. Selon la vigueur de l’attaque, la feuille peut jaunir, et le pied mourir. (INRA)

    La punaise rouge du chou, on peut quand même s’attendre à ce qu’elle soit rouge. C’est le cas lorsqu’elle est adulte. Si vous en croisez une orangée comme sur la photo, c’est simplement un jeune individu.

    En fait quand on parle de punaise de choux, on regroupe deux espèces : Eurydema ornata et Eurydema ventralis. C’est vrai qu’elles ont le même cycle, le même comportement, et qu’elles se ressemblent beaucoup. Pour jouer à les reconnaître, c’est ici.

    Punaise ornée effectuant la danse de l’antenne
  • En théorie

    L’étonnante surfusion

    Si vous n’aviez pas encore vu d’expérience – de preuve – du phénomène de surfusion, en voici un exemple. Pour rappel, la surfusion « est l’état d’une matière qui demeure en phase liquide alors que sa température est plus basse que son point de solidification » (wiki), et c’est ce qui se produit pendant le givre. Dans le cas de la vidéo, l’eau est donc à une température inférieure à 0°, en surfusion, et c’est le choc de la bouteille sur la table qui crée la perturbation qui mène l’eau à se solidifier. Moi qui pensais que l’eau à 0° se congelait parce que c’était une loi immuable.. que nenni !

  • En théorie

    L’était tout’ geuvrieuse

    Début XIVes. geuvrieuse « couverte de givre » d’où *geuvre , XVes. joivre, 1611 givre (CNRTL). Les vacances sont bien finies en ce 9/9/19 : la nuit a été bien froide. L’occasion de découvrir le phénomène de la gelée tant redoutée et ses amis. Introduisons le sujet avec ce petit extrait très clair :

    En passant sur des surfaces de la terre couvertes d’eau ou même simplement humides, l’air les dessèche en pompant l’humidité. L’air dissout d’autant plus l’eau qu’il est plus chaud ; mais cette faculté dissolvante a des bornes; et, une fois que l’air est saturé, il n’en dissout plus. Si l’air bien chargé d’eau dissoute vient à se
    refroidir par une cause quelconque, il sera forcé d’abandonner de l’eau.

    Quand on se promène en hiver, et qu’il gèle,
    l’haleine ressemble à de la fumée, parce que l’air n’est pas assez chaud pour la dissoudre sur-le- champ ; dans l’été, au contraire, ou dans un lieu échauffé, elle est dissoute à l’instant, et par conséquent n’est pas visible

    L. F. Dubois, Cours complet et simplifié d’agriculture et d’économie rurale et domestique, Tome 1, Paris, 1824, Gallica

    Ainsi on voit ce qui se passe pendant la rosée : la nuit, la température diminue, l’humidité de l’air froid se pose sur les surfaces froides en se condensant en gouttelettes fines.

    La rosée blanche, c’est quand cette rosée s’est déposée (passage de l’état gazeux à l’état liquide), puis qu’il vient à geler : l’eau se chance alors en glace (état solide).

    La gelée blanche, c’est quand l’humidité de l’air, sous forme gazeuse donc, se pose sur des surfaces dont la température est déjà inférieure à 0°C : elle passe alors directement à la forme solide, dans passer par la phase liquide. Son aspect est opaque et ressemble à des aiguilles.

    Le givre est un phénomène assez paranormal. Pour commencer, intégrons que l’eau peut rester à l’état liquide jusqu’à -39°C : la réaction de congélation de l’eau a besoin d’une perturbation pour démarrer (vibration, impureté, choc…(source)) : elle passe alors à l’état solide et voici, c’est le givre. La source du givre est un nuage ou du brouillard. Son aspect est opaque et granuleux.

    Alors, rosée, gelée ou givre ?

  • En théorie

    Les siliqueux

    On connait bien la Lunaire, dite aussi Monnaie du pape, aux magnifiques « feuilles » nacrées. Comme on s’en doute au fond de nous, ce que l’on cueille pour faire nos bouquets secs, ce ne sont pas vraiment les feuilles.

    En fait, ce sont les fruits. Et ce fruit sec, ça s’appelle la silique. Il est caractéristique des Brassicacées, et quelques autres plantes. Donc en observant une roquette en graines, on se rappelle sans surprise que c’est une Brassicacée. Tout comme la Lunaire, qui porte des fruits plutôt ovales qu’allongés, qu’on appelle alors silicules.

    Silique vient du latin siliqua : cosse, gousse, lui-même issu de l’indo-européen (s)kel : couper, qui donne aussi silex, scalper.

    En effet, la silique est un fruit déhiscent, c’est-à-dire qui s’entrouvre. On le voit bien sur la Lunaire : la capsule s’ouvre, les deux ailettes tombent, les graines se décollent de la membrane nacrée. En termes exacts, on dirait : la capsule s’ouvre, les deux carpelles tombent, les graines se décollent de la cloison surnuméraire. En fait les carpelles sont des placentas, ce sont eux qui produisent les graines dans la grande loge qu’est la capsule. Puis se forme cette cloison nacrée au milieu de la loge. Les graines restent attachées au cadre placentaire qui entoure cette cloison grâce au funicule, puis se détachent.

    Bon c’est un peu compliqué, mais on en retiendra que pour nos bouquets, on peut utiliser de la roquette et du chou !

    Ce qu’il reste de la roquette

    Pour en savoir plus et voir des schémas qui aident sur Biologie et Multimédia de l’Université de Paris 6.