• En théorie

    Turquoise le métallique

    Ces papillons métalliques font partie du genre Adscita, aussi appelés Procris (car ils font partie de la sous-famille des Procridinae) ou Turquoises (car l’espèce type qui a servi à son découvreur en 1783 a été nommée Adscita turcosa). Il en existe de très nombreuses espèces, dont les plus observables ici sont Turquoise de la Sarcille et Turquoise des Cistes (plus rare), mais les différencier est assez compliqué, voire impossible sans un examen des pièces génitales. Nous nous arrêterons donc à dire qu’il s’agit d’un Turquoise :)

    Il faisait partie du sous-ordre aujourd’hui obsolète des hétérocères, c’est-à-dire des « papillons de nuit », par opposition au sous-ordre des rhopalocères qui sont les « papillons de jour ». Néanmoins, de nombreux « papillons de nuit » volent de jour, parfois exclusivement. En fait, ces deux anciens sous-ordres classaient ces insectes non pas selon leur préférence diurne ou nocturne, mais selon le type d’antennes. Ainsi, les rhopalocères (du grec rhopalon : massue et keras : antenne) ont des antennes en forme de… massue. Les hétérocères (du grec heteros : autre) regroupe toutes les autres formes d’antennes.

    Chez les Turquoises, les antennes des mâles sont massives et pectinées (en forme de peigne) alors que celles des femelles sont effilées.

    Les antennes des lépidoptères sont des organes olfactifs. Le fait d’en avoir deux séparés permet une meilleure efficacité dans la localisation de la source du parfum, un peu comme nos deux oreilles peuvent localiser les sons. Plus l’antenne est ramifiée, plus elle est efficace. Les papillons qui volent la nuit ont donc des antennes imposantes qui leur permettent de se repérer et de trouver leurs fleurs sans y voir goutte. Les mâles peuvent en avoir des plus grosses (!) que les femelles car ce sont eux qui vont suivre les pistes de phéromones qui les mèneront à leur belle. Notons pour finir que l’olfaction est un sens majeur des papillons, assuré non seulement par les antennes, mais aussi par la trompe, les palpes et les ailes. Un peu comme si on avait des narines partout ^^


    papillon Adscita, dit aussi Turquoise
    Dame Turquoise

  • En action

    Les super orties

    Tisane, superaliment, purin, engrais, assaisonnement, médicament… les bienfaits et utilisations de l’ortie sont multiples. Et pour cette fois, cette plante ultra-vertueuse a tout pour elle : elle pousse presque toute l’année, est répandue et abondante, elle repousse quand on la coupe… c’est presque trop facile. Ici, je suis assez intéressée d’en stocker pour en distribuer aux poulettes comme complément alimentaire pendant les mauvais jours (donc une grande partie de l’année apparemment). Un des moyens les plus simples de la conserver est de la faire sécher.

    Rien de plus simple : coupez les tiges, liez les en bouquets aérés, suspendez les dans un local ventilé et ombragé. Une fois sèches, broyez-les à la main ou dans un sac en papier. Voilà… C’est vrai, j’ai dû tuer plusieurs vitamines au passage parce que les conditions optimales de séchage n’étaient pas réellement réunies. En attendant, ce qui reste, j’ai l’impression que c’est déjà pas mal.

  • En action

    Des arbres au sucre

    La saison des bourgeons de conifères touche à sa fin, c’était l’occasion de tester les fameux sirops de paresseux :

    • intercalez une couche de bourgeons d’épicéa ou de sapin avec une couche de sucre dans un pot hermétique
    • oubliez-le au soleil
    • retrouvez-le un mois plus tard, filtrez : voilà c’est fini !

    La recette fonctionne aussi avec des feuilles adultes, le goût est un peu plus « puissant », mais ces feuilles ne rendent presque pas d’eau, il faudra peut-être en ajouter.

    bourgeons sapin dans du sucre pour faire du sirop
  • En théorie

    T’es un pissenlit ou pas ?

    Dent-de-Lion, florin d’Or, laitue de Chien, coq, cochet, groin de porc, salade de Taupe, fausse Chicorée, couronne de moine, baraban, cramia… Autant de noms vernaculaire pour autant de plantes de l’espèce Taraxacum, qui regroupe plusieurs plantes comestibles. C’est le lot des fleurs communes que d’avoir plusieurs noms, dont certains désignent parfois plusieurs plantes. Ce qui n’aide pas à les identifier. Déjà qu’elles se ressemblent un peu toutes. Voilà pourquoi dès qu’on voit un pompon jaune on sera tenté de l’appeler un pissenlit. Alors qu’il pourrait s’agir de la porcelle, de l’épervière, de la picride, du laiteron… Souvent, l’observation de la fleur même ne donnera pas beaucoup d’indications, aussi vaut-il mieux regarder le reste. Ca vaut le coup de se pencher sur le sujet si on a l’intention d’en manger, entre autre.

    Un capitule de pissenlit

    Notons que toutes ces plantes font partie de la famille des Astéracées, aussi appelée famille des Composées. C’est que justement, ce pompon, qu’on appelle d’habitude une fleur, c’est en fait des fleurs. Dans notre pissenlit, chaque languette jaune, que l’on appelle à tort un pétale, est en fait une fleur. Et toutes ces fleurs sont groupées en pompon : le capitule. Ça donne envie de regarder de plus près non ? :)

    Vous trouverez sur Bota et Phyto so Flo de quoi faire pour différencier les Astéracées.

  • En action

    Zelda’s bug

    Quand je l’ai vu je me suis dit « woua un insecte de la Triforce ». Cet insecte de l’ordre des hémiptères (antennes longues, pièces buccales faites pour piquer et sucer) est la douce Dolycoris baccarum, plus connue sous le nom de Punaise des baies. On l’identifie grâce à la partie haute de son corps qui semble porter des épaulettes, et la forme de la partie entre les ailes, qui rappelle… un bouclier ! En effet, elle est de la famille des pentatomes (Pentatomidae), dont les quelques 5000 espèces sont communément appelées punaises à bouclier ou punaises des bois. Il en existe plus de 5000 espèces à travers le monde.

    C’est un fait, cette punaise est végétarienne (il en existe des carnivores), et présente en masse elle peut vous doubler pour récolter. Mais ne la confondons pas avec Halyomorpha halys, dite Punaise diabolique (rien que ça…), même si les médias choisissent apparemment leurs photos au hasard pour illustrer leurs bafouilles. Pour les différencier, le site de l’inra nous aide.

    punaise des baies
  • En théorie

    La danse de l’abeille

    Les abeilles ne partent pas toutes à l’aventure, au hasard, pour trouver une source de nourriture abondante. Ce qui explique pourquoi certains buissons fleuris « bourdonnent » d’une grande activité. En effet, les ouvrières qui localisent un festin rentrent à la ruche et font passer le message en langage abeille : avec des signaux tactiles (on se tripote les antennes), olfactifs ou chimiques, ou encore par une série de mouvements très codés que l’on nommera poétiquement : danse. Notons que l’on ne danse pas pour rien; une découverte qui vaut d’être dansée est évaluée par rapport à la quantité de nectar, mais aussi à sa concentration en sucre.

    La danseuse est ainsi capable de transmettre de nombreuses informations, comme la direction à suivre par rapport au soleil (dont la course varie dans notre ciel, en plus, mais heureusement les abeilles possèdent un sens inné du temps qui passe, doublé d’une perception de la lumière polarisée du soleil qui leur permettent de savoir où est le soleil rien qu’en regardant un bout de ciel bleu), la distance à laquelle se trouve le banquet, la nature de ce dernier… Plusieurs types de danses ont été identifiées, comme la danse en rond ou encore la danse frétillante, qui implique de faire vibrer son abdomen en émettant un bourdonnement.

    Vous savez quoi faire la prochaine fois que vous trouvez un truc bon à manger ;)


    Abeille sur Cognassier splendide
    Apis mellifera sur Chaenomeles speciosa

    Pour en savoir plus, vous pouvez aller consulter cette mine d’informations. Vous pourrez par exemple découvrir la « danse de l’essaim »…

  • En action

    La Fontaine aux poules

    Chez nous à Saint-Nicolas-des-Biefs, se trouve un bief, c’est-à-dire un petit cours d’eau. Pour rendre le poulailler autonome, ça me disait bien de ramifier un peu le bief pour amener de l’eau vive. L’ambition c’est d’avoir une coulée d’herbe dense qui suit le bras d’eau, comme on l’observe déjà autour du bief ou la végétation est nettement plus haute, afin d’avoir plus de verdure et plus de bestioles, en plus d’une eau fraiche en permanence pour les poulette. Ca me disait bien de faire aussi une petite mare, un petit trou d’eau, sans raison particulière.

    J’ai trouvé une piscine-coquillage aux Emmaüs, bien bleue, mais bien solide, pour avoir une mini-mare étanche. Je l’ai enterrée au niveau du sol. Un tuyau part du bief principal et se termine dans la mare, le trop plein s’écoule par un angle de la piscine qui est légèrement plus bas. L’eau s’écoule ensuite le long du lit que je lui ai creusé.

    Le système marchait bien mais c’était très très bleu. Du coup j’ai simplement recouvert l’ensemble de cailloux… Et voilà. Missions accomplies : les poules y boivent, la végétation s’étoffe doucement, il y a des petites bêtes dont je ne connais pas le nom qui se sont installées… C’est cool.

  • En théorie

    Le Grand collier argenté

    Grand collier argenté
Boloria euphrosyne

    Aussi connu sous le nom de Nacré sagitté, le papillon Boloria euphrosyne vole tout l’été près du sol, s’arrêtant régulièrement pour se nourrir de fleur comme la bugle. Notons les deux grandes « perles » blanches au milieu de l’aile, ainsi que sept autres le long de l’aile postérieure, qui lui valent son nom anglais : Pearl-bordered Fritillary.

  • En action

    Feuilles en cage

    D’un côté, je voulais faire un composteur d’une durée de vie d’un ou deux ans. De l’autre, j’étais intéressée par le « terreau de feuille », issu de la décomposition de feuilles mortes, que j’ai ici en quantités. Je n’étais pas emballée par l’idée de faire ça dans des sacs poubelles, comme on le lit souvent.

    Je vous présente donc la cage à feuilles. Vu mes médiocres compétences de bricolage, je ne voulais pas me lancer dans une construction sérieuse (toute réalisation à base de vis ou de clous rentre pour moi dans la catégorie « sérieuse », ce qui exclut de fait pas mal de choses…). J’ai donc opté pour un assemblage de branches. Elles sont simplement piquées dans le sol, et entre celles-ci viennent se tresser avec plus ou moins de bonheur des tiges plus ou moins souples.

    Avantages : super simple à faire, plutôt rapide, bonne intégration dans le paysage, remplit totalement son rôle. C’est une construction assez légère, donc elle va tomber en miettes avec les années. Mais il suffira de replanter des bâtons et d’en retresser, tout simplement. Et quand sa vie sera finit, elle va simplement s’autocomposter.

    Je rajoute régulièrement une couche de feuilles mortes, tant qu’il y en a autour. J’y mets aussi des trucs que je ne veux pas épandre dans les zones de culture en compostage de surface : déjections félines, peaux d’agrumes, trucs qui seraient trop longs à composter et dont les poules ne veulent pas (elles ne sont pas fans des restes de poireau les petites princesses). Bref, c’est un grand compost !

  • En théorie

    Le fruticuleux

    On en voit souvent, mais on n’en sait pas grand chose… Lichen, c’est son petit nom issu du grec leikhên, qui désigne cet organisme qui vit par exemple sur l’écorce des arbres, comme un parasite, et c’est pourquoi « lichen » qualifiait aussi des maladies de peau (dartre, lèpre, cal…). D’ailleurs, l’étymologie est λει ́χειν : « lécher », ainsi que nous l’apprend le CNRTL : « La plante et la maladie ont été ainsi nommées en gr. parce qu’elles semblent lécher leur support. »

    Mais revenons à nos petits parasites. Après les avoir été classé avec les algues, puis les mousses, le lichen finit par avoir sa branche spéciale au sein du règne végétal, aux côtés des champignons et des bactéries, c’est-à-dire avec les « bizarres ». En effet toute la bande est rangée dans la section des Cryptogames (qui n’ont pas de fleurs) et dans la sous-section des Thallophytes (qui n’ont pas de racines, ni de feuilles, ni de tiges). Bref ils n’ont pas grand chose. Ça en fait déjà des petits avortons…

    C’est que la question est singulière. En 1867, le botaniste Schwendener fait l’hypothèse de la double nature des lichens, champignon et algue, sous forme de parasitisme. En effet, le terme symbiotismus n’est proposé qu’en 1877 par A.B. Frank : la symbiose est la vie en association intime et durable de différentes espèces, sous forme mutualiste ou parasitaire.

    Au terme de longues querelles et de moult recherches, nous en sommes là pour le moment : les lichens sont des organismes composites résultant d’une symbiose entre au moins un champignon (le mycobionte de l’affaire) et une algue ou une cyanobactérie (le phytobionte de l’affaire). Déjà je trouve ça dingue. La plupart des lichens nécessitent un troisième partenaire de type levure. Leurs corps s’appelle un thalle.

    La page wiki nous en apprend déjà beaucoup. Parmi la foule d’informations, si vous êtes pressés, retenons que :

    • le champignon fournit la protection, les sels minéraux, l’humidité / l’algue fournit les nutriments issus de sa photosynthèse
    • leur reproduction peut être asexuée, sexuée, végétative (ils se donnent toutes les chances là)
    • leur croissance est extrêmement lente : 5mm maximum par an
    • ils sont super résistants à tout : sécheresse, températures extrêmes (-196 à +90°C), rayons UV intenses
    • deux espèces de lichens ont été envoyés dans l’espace en 2005 lol
    • plusieurs animaux, notamment des papillons, des rennes et des humains s’en nourrissent
    • ils sont des indicateurs de pollution et peuvent notamment stocker des éléments toxiques, comme tous les champi, donc on devrait quand même faire gaffe avant de s’en nourrir. Mais quand ils sont là c’est plutôt que l’air est de bonne qualité
    • il existe des variétés toxiques
    • on a préparé du pain avec une petite cuiller de lichen moulu : ç’a un goût d’humus et de champignon, ça nous a plu. Il parait qu’il peut servir d’agent de fermentation et remplacer ainsi la levure, mais pour nous ça n’a pas réussi
    • ils ne causent aucun mal à vos arbres
    Evernia prunastri, dit aussi Mousse de chêne ou Lichen fruticuleux

    Pour en savoir plus sur l’histoire passionnante de la « découverte » du lichen et sur les controverses qui s’en suivirent, sur ce qu’est un lichen et tout et tout, je vous conseille l’incroyable, tant pas le fond que la forme, site de l’Association Française de Lichénologie.