• En théorie

    Faire un œuf en 9 étapes

    Quand même, cette histoire de poule qui pond un œuf tous les jours, ça me tracassait. Et si aujourd’hui elle n’a pas pondu, est-ce par qu’elle a passé une mauvaise journée ? ou une mauvaise nuit ? Et pourquoi pas 2 par jour ? ou 18 ? Et pourquoi uniquement les oiseaux de basse-cour ?

    Dans la nature, les oiseaux pondent plutôt une fois par an, après la copulation. Il existe toutefois des exceptions, de ponte hors saison ou d’œufs non fécondés ; ce sont des cas minoritaires mais pas rares. Après des milliers d’années de sélection, nous avons fait de la poule un engin de ponte ultra efficace, avec en plus une nette augmentation le siècle dernier. Nous avons donc fait de l’anomalie la norme.

    Les poules sont dites de ponte ou de chair. Bien sûr on peut les engraisser et avoir des œufs, ces catégories ne font que refléter les efforts de sélection qui ont abouti à leur race. Monsieur Prangé nous met toutefois en garde dans sa prose imagée :

    On sait que les femelles obèses, dans beaucoup de classes d’animaux, sont impropres à la génération. Chez elles, la somme d’excitation nécessaire pour faire fonctionner les organes générateurs se trouve pour ainsi dire noyée dans la graisse.

    L. Prangé, Les poules bonnes pondeuses reconnues au moyen de signes certains, et indications pratiques pour faire des poulets et des volailles grasses, 1852

    :D

    Le cheminement commence au niveau des ovaires : environ chaque jour, un ovule, dit ovocyte, commence un développement d’à peu près 20 jours afin de devenir mûr : c’est le jaune d’œuf, savamment nommé vitellus. Après ça, il lui faudra 24h pour être pondu. Au cours des opérations, l’œuf se dote de blanc d’œuf, de chalazes qui maintiennent le jaune bien au centre, puis de membranes et enfin de la coquille.

    La coquille est constituée de carbonate de calcium, que la poule trouve dans son alimentation, notamment sous forme de gravier. La coquille d’un œuf pèse environ 5g, or aucune poule ne peut absorber quotidiennement assez de calcium pour suffire à cette demande jour après jour (une coquille représente 10% du calcium du volatile… c’est énorme). Hors période de ponte, le carbonate de calcium est stocké dans les os de la poule. En plus de ce qu’elles trouvent dans leur alimentation, elles utilisent donc ce calcium de réserve. Cela explique pourquoi les jeunes poules font des œufs plus petits, et pourquoi les coquilles en début de période de ponte sont plus solides. Un autre facteur limitant de la ponte est la chaleur : les poules ne transpirent pas, elles doivent donc haleter comme les chiens, ce qui crée une fuite de CO2, lequel sert à solubiliser le carbonate, ce qui diminue la quantité de carbonate de calcium disponible. Pour y remédier, il paraît qu’on peut leur faire boire de l’eau gazeuse !

    La coquille respire par des milliers de pores. C’est pourquoi il ne faut pas laver les œufs. Notons aussi qu’après la ponte, l’albumen, composé à 90% d’eau, se rétracte légèrement, créant ainsi une chambre à air entre les deux membranes. Cette poche servira au poussin à respirer pendant sa lente progression vers l’extérieur au moment de l’éclosion.

    La couleur de la coquille est définie par la génétique, alors que la couleur du jaune est donné par l’alimentation de la poule.

    Voici ici un document très complet du Dr P.FRESSY qui m’a aidé à comprendre. Le net regorge d’informations floues et parfois contradictoire, la littérature du XIXe est assez peu bavarde sur le sujet, et je n’ai pas de livre spécialisé sous la main. Si vous repérez des erreurs, n’hésitez pas à le faire savoir :)

  • En théorie

    L’melze

    Vous la nommez larix, en grec et latin; les Alpinoys la nomment melze

    Rabelais, Pentagruel

    Et nous héritons son nom commun des Alpinoys, voici le mélèze. Cette espèce pionnière ne craint ni le vent ni le froid. Fait notable : il est le seul conifère à perdre ses aiguilles en hiver… (des contes pour enfants ont des intrigues moins solides que ça). Mais comme ceux de sa race, il a des cônes ! Chaque arbre porte à la fois des cônes mâles, plutôt jaunes, et des cônes femelles à l’impressionnante couleur rose lorsqu’ils sont encore immatures. Les graines seront libérées à la fin de l’été et disséminées par les oiseaux et les mammifères.

    Les conifères sont des gymnospermes, et ils portent des cônes. Les cônes ne sont pas des fleurs mais des écailles agencées autour d’un axe central. A la base de chaque écaille se trouve le système reproducteur de la plante : les écailles mâles disséminent le pollen alors que les écailles femelles renferment l’oosphère. Il ne s’agit pas d’une strate de notre atmosphère, ni du dernier réseau social tendance ^^. En fait c’est l’équivalent d’un ovule, chez les gymnospermes, qui deviendra donc une graine.

    Côté pratique, en plus d’être un excellent bois de construction, on fait de la liqueur de mélèze. M’enfin on fait de la liqueur avec n’importe quoi, me direz-vous.

    cône femelle de mélèze
  • En théorie

    Carabe le coléo

    Dans le bel ordre des coléoptères, on trouve les carabes. Ces petits insectes se trouvent d’abord à l’état de larve, laquelle se transforme ensuite en adulte, ensuite apte à pondre à son tour. Il existe de nombreuses espèces de carabes, dont de nombreuses sont carnivores voraces. De fait, ils se nourrissent par exemple de limaces, de pucerons, de vers… qu’ils hachent en morceaux à l’aide de leurs mandibules. Je lui souhaite de se régaler dans le coin ! Et si vous avez apprécié L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, de Reif Larsen, vous aurez une petite émotion à côtoyer la famille qui héberge aussi les cicindèles !

     

  • En théorie

    En fer de ronce

    Le barbelé, ce maudit, celui qui freine les hommes et les bêtes, qui blesse les audacieux ou les insouciants. On en trouve dans toutes les campagnes, il fait partie du paysage.

    Avant lui, on utilisait des ronces pour jouer le rôle de barrage. Forts de cette observation, quelques malins, notamment du Français Janin, prototypent et fabriquent des fils de fer acérés. Puis l’Américain Glidden dépose en 1874 le brevet du fil de fer barbelé, traduction de barbed wires ou brambles wire. Plus poétiquement, il est aussi appelé « fil en fer de ronce » ou « fil de ronce artificiel ». Le barbelé  permet alors de clôturer des zones immenses sans demander le temps d’installation et d’entretien des ronces ou des barrières en bois. Dans le Wild West américain, les éleveurs installés commencèrent à clôturer leurs terres pour empêcher les nouveaux venus d’y laisser pâturer leurs troupeaux. Ces tensions engendrent alors la Fence Cutter Wars, la Guerre des coupeurs de clôtures. Ca aurait pu être le titre d’une saga en plusieurs tomes !

     

  • En théorie

    Les arbres-ogres

    Vous avez surement déjà vu cette photo d’un arbre qui a englouti un vélo. Ou plus communément, vu des arbres qui digèrent lentement les pancartes qui sont clouées dessus dans les allées du bois d’à côté. C’est que l’écorce d’un arbre sert à le protéger. Quand l’écorce est meurtrie, le risque d’infection apparait, et l’arbre va donc faire en sorte de colmater la brèche le plus vite possible. C’est à dire assez lentement, de notre point de vue. Certaines blessures, qui peuvent nous paraître minimes, déclenchent pourtant tout le processus de cicatrisation. Ainsi, un barbelé attaché à un arbre avec une agrafe. D’un côté, il y a les petits trous causés par l’agrafe. De l’autre, il y a le frottement continu du barbelé sur l’écorce. L’arbre va alors créer un bourrelet, créé grâce à la multiplication anormale des cellules avoisinant la blessure. On peut lire ici que :

    « cette prolifération aboutit à la formation d’une masse de tissus cicatriciels, appelée cal, sur le pourtour de la blessure. Le cal affecte la forme d’un bourrelet qui va peu à peu recouvrir toute la surface blessée, d’où le nom de bourrelet de recouvrement. Les tissus formant ce bourrelet sont de même nature que ceux de la tige de l’arbre : on y trouve une masse de bois recouverte d’écorce. Cependant, les éléments dans le tissu cicatriciel sont sinueux et irrégulièrement enchevêtrés (le bois est madré ou ronceux). »

     

  • En théorie

    Une araignée est cachée dans cette image…

    Sauras-tu la retrouver ? Cette petite bêbête porte le doux nom de Micrommata virescens. Comme on peut le voir, elle est plutôt vert fluo, avec des petits poils blancs. Elle se cache sur le revers des feuilles où elle chasses des proies sans faire de toile, et ne vous inquiétez pas, elle ne peut pas vous faire de mal :)

     

  • En théorie

    Syrphe ?

    Y’a pas que les abeilles bien sûr, il y a aussi pléthore d’autres insectes qu’on est souvent bien incapables de nommer. Voici ce que j’imagine être un individu de la famille des Syrphes, une famille de mouches. On confond souvent ces insectes avec certains hyménoptères, autrement dit avec des abeilles ou des guêpes. Et on n’est pas les seuls…

    Les Syrphes sont connues pour imiter les hyménoptères, dans une forme de ce qui appelé le mimétisme batésien. Du nom de son découvreur, l’anglais Henry Walter Bates, ce mimétisme pousse les espèces inoffensives à se déguiser en espèces offensives pour éloigner les prédateur. Voilà pourquoi notre mouche se fait passer pour une guêpe. Pas bête !

    Par ailleurs, les syrphes sont nos amies (mais qui ne l’est pas ?). En se nourrissant de nectar et de pollen, elles pollinisent les fleurs, puis les femelles pondent sur des plantes présentant des pucerons afin que les larves s’en nourrissent quand elles seront nées. Bon appétit !

    Scaeva pyrastri, Syrphe du poirier, sur une fleur de roquette.

  • En théorie

    Les chatons de saule

    Encore des chatons ! Les saules sont fleuris ! Son nom est formé d’une racine indo-européenne signifiant « tourner, rouler », en référence à ses branches souples et malléables. Les chatons, d’abord recouverts de duvet argenté, laissent ensuite apparaître de toutes petites fleurs très odorantes.

    Les saules dont dioïques, chaque individu est donc soit mâle soit femelle, et porte  des chatons de son genre. Ici, on voit les chatons d’un mâle. Ceux des femelles sont plutôt verdâtres, et font plus penser à des petits cônes logés les uns à côtés des autres; ils sont moins « poilus ».

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Saule Marsault, fleurs mâle et femelle. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagbe