• En action

    Noizette vs Altise

    En culture holistique, on attend que les systèmes se régulent tout seuls, souvent au bout de plusieurs années. Mais cela pourrait heurter vos désirs et ambitions, comme d’avoir une récolte. Ce principe de la permaculture, de compter sur le vivant pour se réguler, s’applique mieux, à mon avis, aux vraies cultures permanentes (qui sont justement recommandées par la permaculture…). Pour les systèmes un peu hybrides, comme celui où on veut faire pousser des légumes de potager, même issus de graines paysannes, ça me semble plus difficile à atteindre. Et dans le cas la période de mise en place est forcément sensible.

    Ici, la guerre est déclarée. Vue la pullulation presque anxiogène d’altises, j’ai cumulé les actions pour réduire la pression rapidement et laisser une chance aux choux survivants, avec le vague espoir de pouvoir repiquer les choux d’automne bientôt sans craindre leur disparition immédiate. J’ai choisi des préparations insectifuges à insecticides, et me suis orientée vers les ressources que j’ai ici. Ça va forcément embêter les autres insectes mais c’est une situation d’urgence.

    • l’aspirateur : oui j’ai l’air bizarre et non ce n’est pas très écoresponsable. Mais le fait est : ça réduit rapidement la population si la pression est trop grande.
    • la décoction de sureau noir : 100g de feuilles par litre d’eau.
    • la tisane d’ail : 1 tête d’ail pour 5L d’eau.
    • le purin de fougère aigle : laisser macérer les feuilles dans de l’eau jusqu’à la fin de la fermentation.
    • le paillage de fougère aigle : pailler les pieds des sujets.
    • la danse de la pluie : c’est vrai qu’une bonne grosse pluie comme celle de ces derniers jours donne un coup de main bienvenu.

    J’utilise décoction et tisane en pulvérisation foliaire, tôt le matin, sans oublier le revers des feuilles. J’asperge également le pied des plantes pour déranger les larves et les œufs.

    C’est sûr que si un de ces moyens fonctionne, je ne saurai pas lequel; tant pis.

  • En action

    Elles sont légion

    L’altise est aussi appelée puce de terre. D’ailleurs son nom vient du grec haltikos : habile à sauter. Là-dessus, c’est raccord, ce petit insecte de quelques millimètres saute effectivement très bien. Et comme c’est un coléoptère, il est également doté d’ailes. Super.

    Il existe une variété hallucinante d’espèces, avec chacune ses préférences gustatives, mais la plus rencontrée doit être la puce du chou. Celle-ci s’attaque indistinctement à tous les Brassicacées. C’est assez étonnant de voir au jardin tous les navets, radis, choux, roquettes et consorts attaqués alors que les autres familles n’ont rien.

    Au début de la saison, j’ai vu qu’il y avait quelques altises, et je me suis dit : « c’est pas grave, il faut partager, le cycle des prédateurs va se mettre en place naturellement. » Apparemment, côté altise, la notion de partage n’est pas très appliqué. Elles ont fait disparaitre tous les choux repiqués plus tard dans la saison, et c’est bien le problème des semis/repiquage tardifs : nos plants sont tout petits et sans défense, mais les animaux gourmands ont eu le temps de se développer et sont nombreux. Mais le gros problème, c’est que la population est devenue délirante en quelques jours et a fait aussi disparaitre des choux adultes de bonne envergure. Autant dire qu’apparemment elles ne vont rien nous laisser. Et du côté de leurs prédateurs… ils ont visiblement peu d’appétit.

    Je ne connais pas encore de solution efficace pour le moment. Les voiles de protection sont surement très efficaces (si la vague d’altises ne provient pas déjà de votre sol) mais dans le potager, j’ai planté un peu tout un peu partout. Ce serait donc onéreux, fastidieux et moche. Je lis beaucoup qu’il « suffit » d’arroser abondamment. C’est vrai, quand j’arrose, les altises tombent par terre. Et puis… elles remontent. Et même si j’adorais passer ma journée à asperger mes plantes, en pleine vigilance eau, ce n’est pas forcément une idée brillante.

    Ces bestioles hibernent dans la terre, et recommencent leur cycle au printemps. Les œufs sont pondus dans la terre, plusieurs fois dans la saison, donnant naissance à plusieurs vagues de voracité. Les larves mangent les racines avant de se transformer et de s’élever vers le feuillage. Donc je suppose que si je laisse une multitude d’altises manger tous mes Brassicacées, non seulement il n’y aura pas de récolte, non seulement je ne peux plus semer des plants de cette famille tant qu’elles sont actives, mais en plus je peux m’attendre à une vague d’attaque printanière vraiment désagréable.

    Luttons !

    Ce qu’il reste d’une feuille de chou : un squelette
  • En théorie

    Moro le rapide

    Il est trapu, il vole comme un colibri en battant des ailes à fond, il peut rester immobile en vol, il a une longue trompe comme un long bec, et son vol hyper rapide vrombit… Il est complètement inoffensif, c’est le Moro-sphinx.

    Aussi appelé Sphinx colibri, il s’agit d’une espèce de papillons de la sous-famille des Macroglossinae (qui est aussi une sous-famille des chauve-souris…), cette dénomination étant issue du grec makris : longue, et glôssa : langue. Même si on est d’accord, pour ce lépidoptère, il ne s’agit pas d’une langue mais d’une trompe.

    Et donc, Moro arpente les massifs de fleurs dont il prélève le nectar que les autres ne peuvent atteindre grâce à sa spectaculaire trompe, souvent en vol stationnaire.

    Il est parfois appelé Sphinx du caille-lait, en référence à cette famille de plantes, les gaillets. En effet les femelles les affectionnent pour y déposer leurs oeufs, desquels éclosent rapidement de superbes chenilles. Son petit nom latin Macroglossum stellatarum fait référence aux stellaires, ces petites fleurs en étoiles, dont les chenilles peuvent aussi se nourrir.

    Mais comme il n’est pas très rustique, c’est aussi un bon migrateur, quoi qu’apparemment on en trouve de jeunes spécimens de plus en plus tôt au nord de la France, qui seraient donc nés ici.

    Son vol peut atteindre 50km/h en pointe, et la vitesse de battement des ailes est de l’ordre de 75 par seconde. C’est beaucoup ! Ca change des gros balourds de papillons. Par contre, toute cette vivacité, ça consomme.. Moro passe donc la quasi-totalité de son temps à se nourrir. Pour pouvoir battre des ailes. Pour se nourrir.

    Photo Jerzy Strzelecki, Moro sphinx et fleurs de Verbena

    Une des Pages Entomologiques d’André Lequet pour en savoir plus.

  • En action

    Même joueur joue encore

    Une des grandes vertus des salades, en plus d’être faciles à cultiver et excellentes, c’est qu’on peut espérer un bonus. Comme souvent, à la récolte, on n’arrache pas le pied, on le coupe à base. La plupart du temps, les racines finissent leurs jours paisiblement dans la terre entourées de leurs amis les vers de terre et autres vivants du sol. Mais certains légumes résistent.

    C’est le cas des salades. On voit clairement les nouvelles feuilles repousser au bout d’une semaine. Reste à voir quelle taille on peut attendre de ce zombie ^^

    Une Reine des Glaces en pleine régénération
  • En théorie

    Il est venu le temps

    Des rires et des chantsdes cathédralesdes myrtilles

    Elles poussent facilement en altitude, et facilement sur sol acide : vous m’en voyez ravie. Ce petit arbrisseau appelé myrtille donne donc un fruit appelé myrtille, quoiqu’on puisse aussi leur préférer le petit nom d’airelle ou bleuet (qui sont par ailleurs des plantes complètement distinctes).

    Les petits fruits de Vaccinium myrtillus sont en forme de globes qui pètent sous la dent et sont délicieux. On les cueille très bien à la main, globule par globule, en chantonnant dans les sous-bois, mais les plus pressés utilisent un peigne que les Vosgiens appellent riffle.

    La cueillette au peigne, car elle abime un peu le système végétatif de la plante, est réglementé par chaque département qui donne la date à partir de laquelle elle est autorisée. Mais pour l’Allier, je n’ai pas su trouver…

    L’élégante fleur de myrtille
  • Blog,  En action

    On a trouvé un petit poulet

    Les chatons étaient en train de le houspiller. Normalement il ne faut pas ramasser les jeunes oiseaux car ils dépérissent très vite dans nos maisons, malgré toutes nos bonnes attention. Bon celui-ci était quand même en situation de danger maximum. En espérant faire au mieux, il s’est reposé quelques heures dans une pièce calme puis nous l’avons relâché à côté pendant que les chats faisaient leur sieste quotidienne de 8 heures, dans un bosquet de noisetier. C’a été l’occasion de découvrir que les oiseaux quittent le nid, mais pas forcément en volant :

    Si l’oisillon est déjà emplumé, les parents continueront à s’en occuper car ils restent toujours en contact avec lui visuellement et/ou par des cris. Les petits emplumés quittent naturellement leur nid, même s’ils ne volent encore pas bien, et ils peuvent alors sembler « perdus » ou en détresse : c’est le cas par exemple des jeunes merles ou des chouettes. Cela peut prendre encore 5 à 15 jours avant qu’ils ne puissent voler.

    ornithomedia.com
  • En action,  Not' vie

    Après Goupil, Bambi…

    Une des grandes joies de la campagne, c’est de voir, et parfois d’approcher, des animaux « sauvages ». Du ver luisant à la buse, on vit toujours un peu ça comme un privilège. Et puis un jour, un chevreuil se rappelle à votre bon souvenir et commet quelques outrages dans le potager. Blette la Magnifique devrait s’en remettre, mais elle ne recouvrera jamais sa prestance d’antan. Quant aux salades, haricots, fraisiers… feu mes amis.

    Tout ça pour te dire, à toi mon ami citadin qui t’installes au vert : gare aux biches !

    Quant à toi mon ami Bambi, t’as beau être mignon, abuse pas quand même.

    Ce qu’il reste de Blette la Magnifique
  • Not' vie

    Feu mes poulettes

    Contrairement à ce que je pensais, le renard frappe aussi dans la journée sans aucune vergogne. Sputnik, Croquemitaine et La Reine Margot ont donc pleinement achevé leur rôle de maillon d’une chaine dans le grand cycle de la vie (merci Mufasa :’))

    Gardons contre mauvaise fortune bon cœur, je n’y résiste pas : évoquons rapidement Sputnik 1 (du russe qui signifie « compagnon »), le premier satellite artificiel de la Terre. Envoyé par nos voisins russes le 4 octobre 1957, il marque le début de l’ère spatiale et de la course à l’espace. Ce beau bébé est une sphère en aluminium de 58cm de diamètre pour 83kg, doté de 4 antennes. Il renferme son équipement et ses batteries d’alimentation, le tout baigné dans de l’azote. Sa mission : transmettre par radio des indications sur la température et la pression à bord afin de vérifier le bon fonctionnement du système de pressurisation et de thermorégulation. Par ailleurs, « l’étude de ses signaux devait donc permettre d’étudier la propagation des ondes dans l’atmosphère et l’étude de sa trajectoire devait fournir des informations sur la densité de la haute atmosphère et sur la forme exacte de la Terre. » (wiki)

    Au bout de 22 jours, ses batteries épuisés, Sputnik 1 s’éteint et se désintègre.

    On peut entendre ici le poétique Beep de la transmission radio, diffusé par la Nasa :