• En théorie

    L’hortensia de plus près

    Ce qu’on appelle communément Hortensia, c’est une espèce d’arbuste issue de la famille des Hydrangea. D’ailleurs, son petit nom savant est  Hydrangea macrophylla, du grec makros :grand, et phyllon : feuille (et non pas macrophile : sexuellement attiré par les géants :D).

    On le voit mais on ne fait pas bien gaffe souvent : l’hortensia a deux types de fleurs : les grosses fleurs décoratives situées à la périphérie des inflorescences (vers l’extérieur des pompons) et les mini fleurs situées au centre. Elles sont toutes les deux hermaphrodites mais n’ont pas le même nombre de pétales : 4 et 5.

    Et en regardant les « fleurs décoratives », vous vous êtes peut-être déjà dit que ça ressemble à une fleur dans la fleur. Eh bien c’est presque tout à fait ça. Ce que l’on voit, ce sont 4 gros sépales et la petite fleur au milieu. Et les sépales, c’est le truc généralement vert sur lequel est posé la corolle (sur une rose, ce sont les petites pointes vertes collées à la fleur). C’est pour ça que parfois les hortensias nous paraissent verdâtres : la chlorophylle de cette partie de la plante reprend le dessus.

  • En théorie

    La fleur du jardin

    Car hortensia, vient du latin hortus : jardin… super précis comme désignation donc. Mais peut-être que son découvreur l’a nommée ainsi grâce à une femme, allez savoir.

    Dans cet article, on survolait le monde des pigments avec un petit focus sur l’hortensia et sa delphinidine, ce pigment rouge capable de se lier à d’autres éléments pouvant le faire virer au bleu. Et bien sur la fin de vie des fleurs, malgré une floraison bleue, on peut parfois observer une pigmentation magenta. Comme si la delphinidine revenait à son état naturel, rouge. Je ne sais pas ce qui provoque ça, un excès de pluie ou la sénescence des cellules. Si vous en savez plus…

    Hortensia
  • En action,  En théorie

    La phacélie c’est fuper

    phacélie

    La plupart du temps, pour son aspect mellifère/engrais vert/sympa/couvre sol, on utilise Phacelia tanacetifolia : la phacélie à feuilles de tanaisie. C’est sûr, les feuilles ont un petit air de famille. Je ne reviens pas sur les multiples vertus de la plante, mais j’ajouterais que déjà, elle sent bon. Ensuite, bien que ce soit une annuelle, elle produit une telle quantité de graines qu’on peut en récupérer des pelles, ce qui en fait un engrais vert facile à reproduire. Et elle est de culture vraiment facile. Bref, votez phacélie.

    La phacélie tient son nom du grec fakelos (faisceau, fagot) en référence à ses fleurs agencées en crosses en faisceau. En effet, on remarque que les inflorescences sont bien en forme de crosse, et que chaque fleur va fleurir au fur et à mesure en partant de l’intérieur, ce qui donne à la plante une floraison assez longue. D’ailleurs, cette inflorescence est dite scorpioïde, puisqu’elle rappelle tout à fait la queue du scorpion, comme chez le mignon myosotis.

  • En action

    Kiwi le délicieux

    Le 12 mars 2019, je semais naïvement des graines de kiwi issues de fruits du commerce (miam). Il n’existe pas des tas d’espèces de kiwis comestibles, aussi peut-on imaginer qu’il s’agit d’Actinidia deliciosa ou d’un mutant proche. On l’appelle parfois Souris végétale, à cause de l’aspect désopilant de ses fruits.

    Les graines ont été mises à germer sur un simple coton humide, puis les plantules ensevelies dans du terreau. Il en restait pas mal, mais elles sont mortes au fur et à mesure, sans doute de négligence. Le pot a passé l’hiver tel quel dans la véranda (aux températures très basses en hiver) sans arrosage et sans surveillance. Et au printemps… Il en reste un :)

    Il est tout poilu, et a une croissance assez fulgurante ces semaines-ci. C’est une liane, aussi a t-il besoin d’un tuteur. Et on se rappellera que les individus sont soit mâle, soit femelle, donc en avoir un seul nous assure de n’avoir jamais aucun fruit :D

    Dire qu’au début c’était une graine d’1mm…
  • En action,  En théorie

    Pensées noires..

    Les fleurettes aux belles couleurs, quel ravissement !

    Ces couleurs sont l’effet de pigments, regroupés en deux familles : les caroténoïdes et et les anthocyanes. Les premiers s’occupent des couleurs jaune/oranges et les seconds… de tout le reste, du blanc au rouge en passant par le bleu, sauf le vert, qui est réservé à la toute puissante chlorophylle. Ce qui est fou, c’est que ces pigments peuvent se lier à d’autres substances, comme des sels minéraux ou tanins, présentes sur place.

    Ce qui fait qu’un même pigment peut être soit rouge, soit bleu, selon son environnement. C’est ainsi que le coquelicot et le bleuet sont composés du même pigment, la cyanidine, qui est rouge. Simplement, sur le bleuet, la cyanidine est liée à d’autres éléments qui la rendent bleue.

    C’est aussi ce qui explique la métamorphose des Hortensias. Son pigment, la delphinidine, est normalement rouge. Quand on met de l’ardoise au pied, en fait ce n’est pas la couleur de l’ardoise qui « monte » dans la plante.. C’est que, dans un sol acide, la plante sécrète de l’acide citrique qui se lie à l’aluminium du sol. Ce petit mélange va ensuite migrer dans la plante jusqu’aux pétales, où la delphinidine réagit en absorbant la lumière différemment. Et bim c’est bleu. Donc on récapitule : il faut d’un côté un sol acide, de l’autre de l’aluminium (or l’ardoise contient pas mal d’alumine).

    Quant au noir, en fait, il n’est pas vraiment là. C’est juste une teinte très foncée d’une couleur. Mais ça le fait quand même.

    Pensée noire

    Soit dit en passant, j’ai semé ces graines de pensée le 06 septembre dernier, et il n’y a pas eu de levée visible dans les semaines suivantes. Du coup j’ai juste abandonné cette jardinière à son triste sort, dans la véranda aux températures très froides cet hiver. Et maintenant, surprise ! Donc.. ne jamais perdre espoir :D

    Sources

    John King, Le monde fabuleux des plantes, 2004, Editions Belin

  • En théorie

    Les siliqueux

    On connait bien la Lunaire, dite aussi Monnaie du pape, aux magnifiques « feuilles » nacrées. Comme on s’en doute au fond de nous, ce que l’on cueille pour faire nos bouquets secs, ce ne sont pas vraiment les feuilles.

    En fait, ce sont les fruits. Et ce fruit sec, ça s’appelle la silique. Il est caractéristique des Brassicacées, et quelques autres plantes. Donc en observant une roquette en graines, on se rappelle sans surprise que c’est une Brassicacée. Tout comme la Lunaire, qui porte des fruits plutôt ovales qu’allongés, qu’on appelle alors silicules.

    Silique vient du latin siliqua : cosse, gousse, lui-même issu de l’indo-européen (s)kel : couper, qui donne aussi silex, scalper.

    En effet, la silique est un fruit déhiscent, c’est-à-dire qui s’entrouvre. On le voit bien sur la Lunaire : la capsule s’ouvre, les deux ailettes tombent, les graines se décollent de la membrane nacrée. En termes exacts, on dirait : la capsule s’ouvre, les deux carpelles tombent, les graines se décollent de la cloison surnuméraire. En fait les carpelles sont des placentas, ce sont eux qui produisent les graines dans la grande loge qu’est la capsule. Puis se forme cette cloison nacrée au milieu de la loge. Les graines restent attachées au cadre placentaire qui entoure cette cloison grâce au funicule, puis se détachent.

    Bon c’est un peu compliqué, mais on en retiendra que pour nos bouquets, on peut utiliser de la roquette et du chou !

    Ce qu’il reste de la roquette

    Pour en savoir plus et voir des schémas qui aident sur Biologie et Multimédia de l’Université de Paris 6.

  • En théorie

    T’es un pissenlit ou pas ?

    Dent-de-Lion, florin d’Or, laitue de Chien, coq, cochet, groin de porc, salade de Taupe, fausse Chicorée, couronne de moine, baraban, cramia… Autant de noms vernaculaire pour autant de plantes de l’espèce Taraxacum, qui regroupe plusieurs plantes comestibles. C’est le lot des fleurs communes que d’avoir plusieurs noms, dont certains désignent parfois plusieurs plantes. Ce qui n’aide pas à les identifier. Déjà qu’elles se ressemblent un peu toutes. Voilà pourquoi dès qu’on voit un pompon jaune on sera tenté de l’appeler un pissenlit. Alors qu’il pourrait s’agir de la porcelle, de l’épervière, de la picride, du laiteron… Souvent, l’observation de la fleur même ne donnera pas beaucoup d’indications, aussi vaut-il mieux regarder le reste. Ca vaut le coup de se pencher sur le sujet si on a l’intention d’en manger, entre autre.

    Un capitule de pissenlit

    Notons que toutes ces plantes font partie de la famille des Astéracées, aussi appelée famille des Composées. C’est que justement, ce pompon, qu’on appelle d’habitude une fleur, c’est en fait des fleurs. Dans notre pissenlit, chaque languette jaune, que l’on appelle à tort un pétale, est en fait une fleur. Et toutes ces fleurs sont groupées en pompon : le capitule. Ça donne envie de regarder de plus près non ? :)

    Vous trouverez sur Bota et Phyto so Flo de quoi faire pour différencier les Astéracées.

  • En théorie

    Les chatons de saule

    Encore des chatons ! Les saules sont fleuris ! Son nom est formé d’une racine indo-européenne signifiant « tourner, rouler », en référence à ses branches souples et malléables. Les chatons, d’abord recouverts de duvet argenté, laissent ensuite apparaître de toutes petites fleurs très odorantes.

    Les saules dont dioïques, chaque individu est donc soit mâle soit femelle, et porte  des chatons de son genre. Ici, on voit les chatons d’un mâle. Ceux des femelles sont plutôt verdâtres, et font plus penser à des petits cônes logés les uns à côtés des autres; ils sont moins « poilus ».

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Saule Marsault, fleurs mâle et femelle. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagbe

     

     

  • En théorie

    Sous les jupes du noisetier

    Une belle planche d’Albert Peter éditée en 1901. L’occasion de se laisser convaincre que chaque bourgeon femelle contient bien plusieurs fleurs, qui ont chacune deux stigmates rouges. Et de voir plus en détail comment est formé un chaton.

     

    Le noisetier est celui qui porte les noisettes, c’est-à-dire les petites noix (latin nux).

    Il est du genre Corylus, du latin qui signifie casque, en référence à la cupule, le petit chapeau, au-dessus des noisettes.

    Son deuxième nom, le coudrier, était le seul employé jusqu’au XVIe. Enfin d’ailleurs on disait au début un « coudre », qui n’a rien à vois avec les travaux des petites mains mais qui est une altération de corylus.

    Il est de la famille des Bétulacées, qui regroupe entre autres les aulnes, les charmes, et les bouleaux.

  • En action

    Mademoiselle Noisette

    Les discrètes petites fleurs femelles sont une source d’étonnement. Déjà pour tout dire, je n’y avais jamais prêté attention, alors qu’elles valent le coup ! On est entre la végétation sous-marine et le monstre de jeu vidéo rétro.

    Ensuite, ce que nous voyons ici, ce n’est pas une fleur : c’est un « bourgeon mixte à fleurs femelles ». En fait, dans ce bourgeon, il y a plusieurs fleurs femelles, sans pétales, dont on ne voit dépasser que les stigmates (ces petites antennes rouges sur lesquelles le pollen des chatons se pose).

    Dans ce bourgeon, qui est mixte, il y a aussi des feuilles, qui sortiront plus tard, lorsque la reproduction de l’arbre sera fini : elles naissent sous les fleurs et font que le bourgeon s’allonge. En même temps sur le noisetier, il y a des bourgeons de feuilles qui éclosent.

    Si vous voulez tout savoir sur le sujet, le site Les fruitiers rares propose un article super complet et détaillé.