• En théorie

    Les siliqueux

    On connait bien la Lunaire, dite aussi Monnaie du pape, aux magnifiques « feuilles » nacrées. Comme on s’en doute au fond de nous, ce que l’on cueille pour faire nos bouquets secs, ce ne sont pas vraiment les feuilles.

    En fait, ce sont les fruits. Et ce fruit sec, ça s’appelle la silique. Il est caractéristique des Brassicacées, et quelques autres plantes. Donc en observant une roquette en graines, on se rappelle sans surprise que c’est une Brassicacée. Tout comme la Lunaire, qui porte des fruits plutôt ovales qu’allongés, qu’on appelle alors silicules.

    Silique vient du latin siliqua : cosse, gousse, lui-même issu de l’indo-européen (s)kel : couper, qui donne aussi silex, scalper.

    En effet, la silique est un fruit déhiscent, c’est-à-dire qui s’entrouvre. On le voit bien sur la Lunaire : la capsule s’ouvre, les deux ailettes tombent, les graines se décollent de la membrane nacrée. En termes exacts, on dirait : la capsule s’ouvre, les deux carpelles tombent, les graines se décollent de la cloison surnuméraire. En fait les carpelles sont des placentas, ce sont eux qui produisent les graines dans la grande loge qu’est la capsule. Puis se forme cette cloison nacrée au milieu de la loge. Les graines restent attachées au cadre placentaire qui entoure cette cloison grâce au funicule, puis se détachent.

    Bon c’est un peu compliqué, mais on en retiendra que pour nos bouquets, on peut utiliser de la roquette et du chou !

    Ce qu’il reste de la roquette

    Pour en savoir plus et voir des schémas qui aident sur Biologie et Multimédia de l’Université de Paris 6.

  • En théorie

    T’es un pissenlit ou pas ?

    Dent-de-Lion, florin d’Or, laitue de Chien, coq, cochet, groin de porc, salade de Taupe, fausse Chicorée, couronne de moine, baraban, cramia… Autant de noms vernaculaire pour autant de plantes de l’espèce Taraxacum, qui regroupe plusieurs plantes comestibles. C’est le lot des fleurs communes que d’avoir plusieurs noms, dont certains désignent parfois plusieurs plantes. Ce qui n’aide pas à les identifier. Déjà qu’elles se ressemblent un peu toutes. Voilà pourquoi dès qu’on voit un pompon jaune on sera tenté de l’appeler un pissenlit. Alors qu’il pourrait s’agir de la porcelle, de l’épervière, de la picride, du laiteron… Souvent, l’observation de la fleur même ne donnera pas beaucoup d’indications, aussi vaut-il mieux regarder le reste. Ca vaut le coup de se pencher sur le sujet si on a l’intention d’en manger, entre autre.

    Un capitule de pissenlit

    Notons que toutes ces plantes font partie de la famille des Astéracées, aussi appelée famille des Composées. C’est que justement, ce pompon, qu’on appelle d’habitude une fleur, c’est en fait des fleurs. Dans notre pissenlit, chaque languette jaune, que l’on appelle à tort un pétale, est en fait une fleur. Et toutes ces fleurs sont groupées en pompon : le capitule. Ça donne envie de regarder de plus près non ? :)

    Vous trouverez sur Bota et Phyto so Flo de quoi faire pour différencier les Astéracées.

  • En théorie

    Les chatons de saule

    Encore des chatons ! Les saules sont fleuris ! Son nom est formé d’une racine indo-européenne signifiant « tourner, rouler », en référence à ses branches souples et malléables. Les chatons, d’abord recouverts de duvet argenté, laissent ensuite apparaître de toutes petites fleurs très odorantes.

    Les saules dont dioïques, chaque individu est donc soit mâle soit femelle, et porte  des chatons de son genre. Ici, on voit les chatons d’un mâle. Ceux des femelles sont plutôt verdâtres, et font plus penser à des petits cônes logés les uns à côtés des autres; ils sont moins « poilus ».

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Saule Marsault, fleurs mâle et femelle. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagbe

     

     

  • En théorie

    Sous les jupes du noisetier

    Une belle planche d’Albert Peter éditée en 1901. L’occasion de se laisser convaincre que chaque bourgeon femelle contient bien plusieurs fleurs, qui ont chacune deux stigmates rouges. Et de voir plus en détail comment est formé un chaton.

     

    Le noisetier est celui qui porte les noisettes, c’est-à-dire les petites noix (latin nux).

    Il est du genre Corylus, du latin qui signifie casque, en référence à la cupule, le petit chapeau, au-dessus des noisettes.

    Son deuxième nom, le coudrier, était le seul employé jusqu’au XVIe. Enfin d’ailleurs on disait au début un « coudre », qui n’a rien à vois avec les travaux des petites mains mais qui est une altération de corylus.

    Il est de la famille des Bétulacées, qui regroupe entre autres les aulnes, les charmes, et les bouleaux.

  • En action

    Mademoiselle Noisette

    Les discrètes petites fleurs femelles sont une source d’étonnement. Déjà pour tout dire, je n’y avais jamais prêté attention, alors qu’elles valent le coup ! On est entre la végétation sous-marine et le monstre de jeu vidéo rétro.

    Ensuite, ce que nous voyons ici, ce n’est pas une fleur : c’est un « bourgeon mixte à fleurs femelles ». En fait, dans ce bourgeon, il y a plusieurs fleurs femelles, sans pétales, dont on ne voit dépasser que les stigmates (ces petites antennes rouges sur lesquelles le pollen des chatons se pose).

    Dans ce bourgeon, qui est mixte, il y a aussi des feuilles, qui sortiront plus tard, lorsque la reproduction de l’arbre sera fini : elles naissent sous les fleurs et font que le bourgeon s’allonge. En même temps sur le noisetier, il y a des bourgeons de feuilles qui éclosent.

    Si vous voulez tout savoir sur le sujet, le site Les fruitiers rares propose un article super complet et détaillé.

     

  • En théorie

    Les chatons du printemps

    C’est la saison des chatons ! Ces petits pompons allongés et dorés qui se balancent dans le vent sont les fleurs mâles de nos amis noisetiers. Elles ressemblent un peu à la queue d’un chat, ce qui leur a valu leur nom, mais elles peuvent aussi se nommer iule, du latin iuli, qui qualifie quelque chose de crépue et de frisée. Moins mignon, tout de suite.

    Les fleurs mâles sont celles qui portent le pollen, qui sera transporté vers les femelles, par le vent dans notre cas. Vous avez peut-être vu des recettes de douceurs de chatons au chocolat ces temps-ci, avec des commentaires incendiaires qui avertissent qu’entre les chatons et les noisettes, ya pas photo, on devrait préférer les noisettes. Mais pas de panique ! Les chatons ne donneront jamais un fruit, ils se contentent de libérer du pollen. Vous n’aurez donc pas à choisir entre friandise de printemps et noisette d’automne !

    Le noisetier est monoïque, c’est à dire qu’il porte à la fois des fleurs et femelles. Néanmoins, il est auto-stérile (ce serait trop beau) : a priori il ne s’autopollinise pas. En effet, les fleurs mâles arrivent à maturité avant les fleurs femelles (c’est la protandrie), ce qui évite à l’arbre de se multiplier par lui-même, favorisant ainsi la diversité génétique. Voilà pourquoi on nous recommande d’avoir plusieurs variétés de noisetiers !

    Quant aux fleurs femelles, ce sont de petites choses discrètes… La suite dès que j’en vois une !