• En théorie

    Capu & Bombus

    La capucine est une plante aux multiples vertus. Comestible (et délicieuse), jolie, plante relais pour focaliser les pucerons. Elle peut être grimpante, rampante et sa croissance rapide et facile en fait une fleur idéale tant en intérieur qu’en extérieur.

    Dans son milieu d’origine, au Pérou, ce sont les oiseaux-mouches qui assurent sa pollinisation. Ça tombe bien, leur long bec est tout à fait adapté à la morphologie de la fleur : le nectar est conservé tout au bout de son éperon. 

    fleur de capucine de profil

    Dans le coin, faute de colibris, ce sont les bourdons qui s’en occupent. Mais ils n’ont pas tous une langue assez longue pour accéder à la nourriture (dont Bombus terrestris, un des plus répandus chez nous)… Qu’à cela ne tienne : ils vont percer un trou sur le côté de la fleur afin d’y passer la trompe, faisant fi du mutualisme attendu pendant l’échange “je te donne du nectar mais tu balades mon pollen sur les autres fleurs”. Et ça mon p’tit bonhomme, ça s’appelle du vol de nectar, oui monsieur. Et cette perforation va ensuite continuer de profiter à d’autres insectes, qui s’abstiendront eux aussi de participer à la reproduction de la fleur. 

    Pirate !

    Petit problème écologique

    Les bouleversements actuels entraînent une raréfaction générale des espèces de fleurs. Pour être sûrs de survivre, les bourdons à trompe longue, adaptés aux fleurs comme la capucine, vont aller manger aussi dans les fleurs à corolle peu profonde. La sélection naturelle va ainsi privilégier les individus à trompe courte. Donc les fleurs à corolle profonde auront d’autant plus de mal à se reproduire. Déso.

    Sources

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_capucine

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bombus

    https://uicn.fr/liste-rouge-flore/, regroupe des documents dans lequels on peut consulter les espèces menacées (de “préoccupation mineure” à “éteinte au niveau mondial”). On y apprend au hasard que 421 espèces endémiques de France sont menacées, sur les quelques 5000 que nous comptons. Et pas uniquement de rares spécimens d’orchidées, mais bien des espèces communes, qui nous suivent depuis la nuit des temps, comme la Nigelle des champs, mais que nos nouveaux modes d’exploitation du territoire et du vivant sont en train de détruire.

  • Not' vie

    46°03’22.0″N 3°47’04.6″E

    3 avril. Il neige.

    Saint-Nicolas-des-Biefs est situé à 930m d’altitude dans la montagne bourbonnaise. Nous sommes dans la zone de rusticité 8a (pour comparer, Paris est en 8b et Aurillac en 7b). Donc la moyenne des températures minimales des 20 années précédentes se situe entre -12,2 et -9,4, selon le tableau de l’USDA. En rapport avec ce tableau, des listes de plantes sont disponibles avec les zones pour lesquelles elles sont « adaptées ».

    La zone de rusticité permet d’avoir une idée de l’ardeur de l’hiver. Hélas, c’est une idée partielle puisqu’elle ne prend pas en compte le taux d’humidité, qui influe beaucoup la capacité des plantes (et la nôtre d’ailleurs) à s’adapter à des températures basses. Et par ailleurs, ça ne parle pas non plus du climat en été, ce qui devrait nous intéresser tout autant pour choisir nos plantes. Tout en gardant en tête que chaque terrain est déjà un microcosme, avec ses caractéristiques et et sa biodiversité.

    Petit aparté

    Les plantes ont leur propre température. Cela leur permet de ne pas mourir dès que la température s’écarte de leur zone de confort, mais aussi éventuellement d’attirer des pollinisateurs (comme le pavot arctique qui monte à 8°). Cela explique aussi pourquoi les petites plantes qui fleurissent dès le début de l’année arrivent à fondre la neige autour d’elle.

    Tenez bon braves jonquilles !
  • En théorie

    Les chatons de saule

    Encore des chatons ! Les saules sont fleuris ! Son nom est formé d’une racine indo-européenne signifiant « tourner, rouler », en référence à ses branches souples et malléables. Les chatons, d’abord recouverts de duvet argenté, laissent ensuite apparaître de toutes petites fleurs très odorantes.

    Les saules dont dioïques, chaque individu est donc soit mâle soit femelle, et porte  des chatons de son genre. Ici, on voit les chatons d’un mâle. Ceux des femelles sont plutôt verdâtres, et font plus penser à des petits cônes logés les uns à côtés des autres; ils sont moins « poilus ».

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Saule Marsault, fleurs mâle et femelle. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagbe

     

     

  • Not' vie

    Perce-fougère

    « Qu’importe des hivers la longue tyrannie !
    Disait un perce-neige, éclatant de blancheur ;
    Je brave l’aquilon, les nuits et leur fraîcheur. »
    Qui peut arrêter le génie ?


    (Charles Louis Mollevaut, 1776-1844, Cent fables, de quatre vers chacune, 1821)

  • En action

    Mademoiselle Noisette

    Les discrètes petites fleurs femelles sont une source d’étonnement. Déjà pour tout dire, je n’y avais jamais prêté attention, alors qu’elles valent le coup ! On est entre la végétation sous-marine et le monstre de jeu vidéo rétro.

    Ensuite, ce que nous voyons ici, ce n’est pas une fleur : c’est un « bourgeon mixte à fleurs femelles ». En fait, dans ce bourgeon, il y a plusieurs fleurs femelles, sans pétales, dont on ne voit dépasser que les stigmates (ces petites antennes rouges sur lesquelles le pollen des chatons se pose).

    Dans ce bourgeon, qui est mixte, il y a aussi des feuilles, qui sortiront plus tard, lorsque la reproduction de l’arbre sera fini : elles naissent sous les fleurs et font que le bourgeon s’allonge. En même temps sur le noisetier, il y a des bourgeons de feuilles qui éclosent.

    Si vous voulez tout savoir sur le sujet, le site Les fruitiers rares propose un article super complet et détaillé.

     

  • En théorie

    Les chatons du printemps

    C’est la saison des chatons ! Ces petits pompons allongés et dorés qui se balancent dans le vent sont les fleurs mâles de nos amis noisetiers. Elles ressemblent un peu à la queue d’un chat, ce qui leur a valu leur nom, mais elles peuvent aussi se nommer iule, du latin iuli, qui qualifie quelque chose de crépue et de frisée. Moins mignon, tout de suite.

    Les fleurs mâles sont celles qui portent le pollen, qui sera transporté vers les femelles, par le vent dans notre cas. Vous avez peut-être vu des recettes de douceurs de chatons au chocolat ces temps-ci, avec des commentaires incendiaires qui avertissent qu’entre les chatons et les noisettes, ya pas photo, on devrait préférer les noisettes. Mais pas de panique ! Les chatons ne donneront jamais un fruit, ils se contentent de libérer du pollen. Vous n’aurez donc pas à choisir entre friandise de printemps et noisette d’automne !

    Le noisetier est monoïque, c’est à dire qu’il porte à la fois des fleurs et femelles. Néanmoins, il est auto-stérile (ce serait trop beau) : a priori il ne s’autopollinise pas. En effet, les fleurs mâles arrivent à maturité avant les fleurs femelles (c’est la protandrie), ce qui évite à l’arbre de se multiplier par lui-même, favorisant ainsi la diversité génétique. Voilà pourquoi on nous recommande d’avoir plusieurs variétés de noisetiers !

    Quant aux fleurs femelles, ce sont de petites choses discrètes… La suite dès que j’en vois une !