• En théorie

    Les siliqueux

    On connait bien la Lunaire, dite aussi Monnaie du pape, aux magnifiques « feuilles » nacrées. Comme on s’en doute au fond de nous, ce que l’on cueille pour faire nos bouquets secs, ce ne sont pas vraiment les feuilles.

    En fait, ce sont les fruits. Et ce fruit sec, ça s’appelle la silique. Il est caractéristique des Brassicacées, et quelques autres plantes. Donc en observant une roquette en graines, on se rappelle sans surprise que c’est une Brassicacée. Tout comme la Lunaire, qui porte des fruits plutôt ovales qu’allongés, qu’on appelle alors silicules.

    Silique vient du latin siliqua : cosse, gousse, lui-même issu de l’indo-européen (s)kel : couper, qui donne aussi silex, scalper.

    En effet, la silique est un fruit déhiscent, c’est-à-dire qui s’entrouvre. On le voit bien sur la Lunaire : la capsule s’ouvre, les deux ailettes tombent, les graines se décollent de la membrane nacrée. En termes exacts, on dirait : la capsule s’ouvre, les deux carpelles tombent, les graines se décollent de la cloison surnuméraire. En fait les carpelles sont des placentas, ce sont eux qui produisent les graines dans la grande loge qu’est la capsule. Puis se forme cette cloison nacrée au milieu de la loge. Les graines restent attachées au cadre placentaire qui entoure cette cloison grâce au funicule, puis se détachent.

    Bon c’est un peu compliqué, mais on en retiendra que pour nos bouquets, on peut utiliser de la roquette et du chou !

    Ce qu’il reste de la roquette

    Pour en savoir plus et voir des schémas qui aident sur Biologie et Multimédia de l’Université de Paris 6.

  • En théorie

    F1 – 9 : La question de la fragilité

    Je lis d’une part que l’effet hétérosis rend les plantes plus vigoureuses que leurs parents, voire que les autres plantes d’autres variétés.

    Je lis d’autre part que la pauvreté génétique de ces plantes les rend fragiles par rapport aux autres variétés, et qu’elles nécessitent forcément de “bénéficier de tous les apports du paquet technologique (engrais, pesticides, irrigation…)”. Si la seconde proposition est vraie, consommer des F1 revient à tolérer ces méthodes de culture et leurs effets délétères.

    Susanne Nilsson – Poppy

  • En théorie

    F1 – 8 : La question de la castration

    Chez les végétaux, les allogames ont des ovules plutôt fécondés par du pollen issu d’autres plantes de la même espèce. Les autogames sont fécondés par le pollen de la même plante. La tomate est autogame, donc a priori si vous possédez le seul pied de tomate à des kilomètres à la ronde, et qu’il ne fait qu’une seule fleur, vous aurez quand même une tomate (si toutefois un insecte ou vous même faites “vibrer” la fleur pour que le pollen tombe sur le pistil, mais c’est une autre histoire).

  • En théorie

    F1 – 7 : Les conséquences

    La plante va bénéficier de ses atouts de F1 : elle présente les caractéristiques promises (au même titre que les graines de variétés classiques), et ces caractéristiques peuvent être plus funs : couleurs originale, taille des fruits, caractère hâtif…

    La population sera homogène : chaque individu a le même aspect et le même comportement. Donc c’est génial pour passer le tracteur.

    La population sera vigoureuse car elle est génétiquement riche et profite de l’effet hétérosis, ce qui la rend plus résistante aux aléas de la vie.

    Mais on n’aura peut-être pas envie de semer nos graines issues de F1, à cause de l’effet loterie qui s’applique à la F2. Donc on devra racheter des graines. Donc on est ok pour se passer de notre autonomie.

    Puisque nous ne sélectionnons pas nos graines, nous ne pouvons pas améliorer nos variétés pour les adapter à notre milieu et à notre façon de jardiner. Chaque année, on repart de zéro avec des plantes étrangères au lieu de fortifier nos lignées.

  • En théorie

    F1 – 6 : L’hétérosis

    Plus le patrimoine génétique des parents est éloigné, plus la nouvelle génération est performante par rapport à celle de ses parents (le rendement peut être multipliée par 5 ou 10).

    Cela est dû aux allèles hétérozygotes :

    Par exemple, les deux allèles permettent de produire deux versions d’une même enzyme légèrement différentes, ces deux enzymes ayant un optimum thermique complémentaire ; la plante pourra s’adapter à une gamme de températures plus large.

    Il faut bien voir que les parents des F1 sont des plantes auto-fécondées pendant plusieurs génétiques, donc avec un pool génétique misérable. Donc même si la génération F1 profite de l’hétérosis, un champ d’hybrides contient moins de diversité génétique qu’un champ cultivé avec une variété population.

    Par ailleurs, si des individus se reproduisent à l’échelle d’un champ de F1, il s’agit quand même d’un genre d’autofécondation. S’enfuit une dépression génétique et, de fait, une partie de la vigueur hybride est perdue à chaque génération ultérieure.

  • En théorie

    F1 – 5 : Le problème de la F2, en clair

    Un hybride F1 est un enfant de deux parents différents de lignée pure, homozygotes. La génération F1 issue de ce croisement aura exactement les caractères attendus et sera donc homogène. La génération F2 sera quant à elle hétérogène à cause du rebrassage des allèles, une partie de la population n’aura carrément pas le caractère attendu. On comprend pourquoi il n’est pas conseillé de semer les graines issues de la génération F1 : c’est la loterie.

    Contrairement aux plantes de variétés classiques, dont les caractères vont peu évoluer au fur et à mesure qu’on resème, puisque justement, la variété a été stabilisée par plusieurs générations de sélection.

    Seeds at Makawao, Maui, Hawaii – Forest & Kim Starr http://www.starrenvironmental.com/

  • En théorie,  Illustration

    Voyager quand on est une graine

    Imaginez que vous êtes une graine. Je vous rappelle votre mission : aider votre espèce à survivre, d’une part en assurant la multiplication, d’autre part en assurant sa migration vers des zones climatiquement favorables. Or pour être efficace, ça vaut le coup de se déplacer de quelques mètres, voire de beaucoup plus, par rapport à votre maman. Seulement voilà, vous n’avez pas de pattes. Il va donc vous falloir compter sur l’altérité pour vous aider : un courant d’air pour les mini-graines ou  les hélico-graines, ou… vos amis les animaux. C’est vrai, la plupart d’entre vous serez mangés. Pour les autres, les chanceux qui sont tombés, qui ont roulé, qui ont été oubliés… saisissez votre chance et germez !

    Pour les petites graines, on pense facilement à celles des mûres, qui sont mangées par les oiseaux mais survivent à leur digestion : elles peuvent alors être disséminées sous forme de fientes (voilà aussi pourquoi les mûres sont souvent le long des haies et autres clôtures : elles sont là où les oiseaux se sont posés !).

    Pour les graines lourdes, elles sont emmenées pour être stockées. Et là, tous les compagnons animaux ne se valent pas…

     

    Informations issues de La vie secrète des arbres, Peter Wohlleben et de la Ronce commune.