• En théorie

    Aigle ou mâle

    Nous avons deux types de fougère ici, et il m’importait de pouvoir les identifier. De fait, il y a la fougère aigle et la fougère mâle. Voici quelques clés de comparaison pour les reconnaître. Notons que chaque « tige » s’appelle une fronde, composée d’un pétiole et d’un limbe.

    La fougère aigle

    Cette grande variété peut atteindre plus de 2m de haut. Sa fronde est composée de divisions primaires, secondaires et tertiaires. Les pennes se situent l’un en face de l’autre. Les pinnules sont bien individuelles, soudées directement à leur axe (sans qu’on ait l’impression qu’il y ait une tige qui relie les deux). Au verso de la feuille, les pinnules sont légèrement recourbées sur elles-mêmes, et c’est là qu’elles porteront les sporanges (qui contiennent les spores).

    La fougère mâle

    Plus menue, elle mesure plutôt 1m. La fronde ne porte que deux niveaux de division et les pennes sont implantés de façon alternée sur l’axe. Les pinnules sont aussi bien individualisées et soudées à leur axe. Au verso, elles portent leurs sporanges bien visibles, en petits cercles sur chaque pinnule.

    Gardons en tête que les deux ont des actions similaires en PNPP, sauf concernant l’aspect fongicide. Par ailleurs, pour pailler les légumes contre le gel, mieux vaut utiliser l’aigle, car les spores de la mâle se déposent sur eux et c’est difficile à laver ensuite.

  • En théorie

    Moro le rapide

    Il est trapu, il vole comme un colibri en battant des ailes à fond, il peut rester immobile en vol, il a une longue trompe comme un long bec, et son vol hyper rapide vrombit… Il est complètement inoffensif, c’est le Moro-sphinx.

    Aussi appelé Sphinx colibri, il s’agit d’une espèce de papillons de la sous-famille des Macroglossinae (qui est aussi une sous-famille des chauve-souris…), cette dénomination étant issue du grec makris : longue, et glôssa : langue. Même si on est d’accord, pour ce lépidoptère, il ne s’agit pas d’une langue mais d’une trompe.

    Et donc, Moro arpente les massifs de fleurs dont il prélève le nectar que les autres ne peuvent atteindre grâce à sa spectaculaire trompe, souvent en vol stationnaire.

    Il est parfois appelé Sphinx du caille-lait, en référence à cette famille de plantes, les gaillets. En effet les femelles les affectionnent pour y déposer leurs oeufs, desquels éclosent rapidement de superbes chenilles. Son petit nom latin Macroglossum stellatarum fait référence aux stellaires, ces petites fleurs en étoiles, dont les chenilles peuvent aussi se nourrir.

    Mais comme il n’est pas très rustique, c’est aussi un bon migrateur, quoi qu’apparemment on en trouve de jeunes spécimens de plus en plus tôt au nord de la France, qui seraient donc nés ici.

    Son vol peut atteindre 50km/h en pointe, et la vitesse de battement des ailes est de l’ordre de 75 par seconde. C’est beaucoup ! Ca change des gros balourds de papillons. Par contre, toute cette vivacité, ça consomme.. Moro passe donc la quasi-totalité de son temps à se nourrir. Pour pouvoir battre des ailes. Pour se nourrir.

    Photo Jerzy Strzelecki, Moro sphinx et fleurs de Verbena

    Une des Pages Entomologiques d’André Lequet pour en savoir plus.

  • En théorie

    Il est venu le temps

    Des rires et des chantsdes cathédralesdes myrtilles

    Elles poussent facilement en altitude, et facilement sur sol acide : vous m’en voyez ravie. Ce petit arbrisseau appelé myrtille donne donc un fruit appelé myrtille, quoiqu’on puisse aussi leur préférer le petit nom d’airelle ou bleuet (qui sont par ailleurs des plantes complètement distinctes).

    Les petits fruits de Vaccinium myrtillus sont en forme de globes qui pètent sous la dent et sont délicieux. On les cueille très bien à la main, globule par globule, en chantonnant dans les sous-bois, mais les plus pressés utilisent un peigne que les Vosgiens appellent riffle.

    La cueillette au peigne, car elle abime un peu le système végétatif de la plante, est réglementé par chaque département qui donne la date à partir de laquelle elle est autorisée. Mais pour l’Allier, je n’ai pas su trouver…

    L’élégante fleur de myrtille
  • En action

    Des énigmes dans le noir

    Les petits trésors qui brillent dans la nuit, ici ce sont les vers luisants. Contrairement à son petit nom, Lampyris noctiluca n’est pas un vers mais un coléoptère, comme les scarabées. La confusion tient à la forme de la femelle : ni ailes, ni carapaces, c’est sûr que ça ressemble à une larve ! Heureusement le mâle sauve l’honneur de son espèce en présentant tous ses attributs.

    Le lampyre (du mot grec qui signifie « briller », contrairement à « lampe » qui vient du mot grec pour « torche ») n’est pas le même animal que la luciole, même si les deux sont de la même famille des Lampyridae.

    Dans les nuits de juillet, les femelles se mettent à luire bien fort pour attirer leur partenaire, qui pour leur part sont dotés de supers grands yeux pour les repérer. Tous les individus de cette famille sont luisants, donc émettent une lumière, et peuvent « s’éteindre ». Y compris les mâles, les larves et les œufs – trop stylé. Puis les larves vont aller s’enterrer pour passer l’hiver. Au printemps, elles se nourriront par exemple d’escargots ou de limaces – à la bonne heure !

    Alors, prêt pour la chasse aux œufs bioluminescents ?

    lampyre (vers luisant) femelle bioluminescente
    Lampyre femelle

    Une rapide vidéo de Castor Mother si vous avez la flemme de lire à ce sujet ;) et l’occasion de faire la connaissance de luciférine et luciférase (sont sur un bateau), deux petites molécules responsables de la bioluminescence.

  • En théorie

    Turquoise le métallique

    Ces papillons métalliques font partie du genre Adscita, aussi appelés Procris (car ils font partie de la sous-famille des Procridinae) ou Turquoises (car l’espèce type qui a servi à son découvreur en 1783 a été nommée Adscita turcosa). Il en existe de très nombreuses espèces, dont les plus observables ici sont Turquoise de la Sarcille et Turquoise des Cistes (plus rare), mais les différencier est assez compliqué, voire impossible sans un examen des pièces génitales. Nous nous arrêterons donc à dire qu’il s’agit d’un Turquoise :)

    Il faisait partie du sous-ordre aujourd’hui obsolète des hétérocères, c’est-à-dire des « papillons de nuit », par opposition au sous-ordre des rhopalocères qui sont les « papillons de jour ». Néanmoins, de nombreux « papillons de nuit » volent de jour, parfois exclusivement. En fait, ces deux anciens sous-ordres classaient ces insectes non pas selon leur préférence diurne ou nocturne, mais selon le type d’antennes. Ainsi, les rhopalocères (du grec rhopalon : massue et keras : antenne) ont des antennes en forme de… massue. Les hétérocères (du grec heteros : autre) regroupe toutes les autres formes d’antennes.

    Chez les Turquoises, les antennes des mâles sont massives et pectinées (en forme de peigne) alors que celles des femelles sont effilées.

    Les antennes des lépidoptères sont des organes olfactifs. Le fait d’en avoir deux séparés permet une meilleure efficacité dans la localisation de la source du parfum, un peu comme nos deux oreilles peuvent localiser les sons. Plus l’antenne est ramifiée, plus elle est efficace. Les papillons qui volent la nuit ont donc des antennes imposantes qui leur permettent de se repérer et de trouver leurs fleurs sans y voir goutte. Les mâles peuvent en avoir des plus grosses (!) que les femelles car ce sont eux qui vont suivre les pistes de phéromones qui les mèneront à leur belle. Notons pour finir que l’olfaction est un sens majeur des papillons, assuré non seulement par les antennes, mais aussi par la trompe, les palpes et les ailes. Un peu comme si on avait des narines partout ^^


    papillon Adscita, dit aussi Turquoise
    Dame Turquoise

  • En théorie

    T’es un pissenlit ou pas ?

    Dent-de-Lion, florin d’Or, laitue de Chien, coq, cochet, groin de porc, salade de Taupe, fausse Chicorée, couronne de moine, baraban, cramia… Autant de noms vernaculaire pour autant de plantes de l’espèce Taraxacum, qui regroupe plusieurs plantes comestibles. C’est le lot des fleurs communes que d’avoir plusieurs noms, dont certains désignent parfois plusieurs plantes. Ce qui n’aide pas à les identifier. Déjà qu’elles se ressemblent un peu toutes. Voilà pourquoi dès qu’on voit un pompon jaune on sera tenté de l’appeler un pissenlit. Alors qu’il pourrait s’agir de la porcelle, de l’épervière, de la picride, du laiteron… Souvent, l’observation de la fleur même ne donnera pas beaucoup d’indications, aussi vaut-il mieux regarder le reste. Ca vaut le coup de se pencher sur le sujet si on a l’intention d’en manger, entre autre.

    Un capitule de pissenlit

    Notons que toutes ces plantes font partie de la famille des Astéracées, aussi appelée famille des Composées. C’est que justement, ce pompon, qu’on appelle d’habitude une fleur, c’est en fait des fleurs. Dans notre pissenlit, chaque languette jaune, que l’on appelle à tort un pétale, est en fait une fleur. Et toutes ces fleurs sont groupées en pompon : le capitule. Ça donne envie de regarder de plus près non ? :)

    Vous trouverez sur Bota et Phyto so Flo de quoi faire pour différencier les Astéracées.

  • En action

    Zelda’s bug

    Quand je l’ai vu je me suis dit « woua un insecte de la Triforce ». Cet insecte de l’ordre des hémiptères (antennes longues, pièces buccales faites pour piquer et sucer) est la douce Dolycoris baccarum, plus connue sous le nom de Punaise des baies. On l’identifie grâce à la partie haute de son corps qui semble porter des épaulettes, et la forme de la partie entre les ailes, qui rappelle… un bouclier ! En effet, elle est de la famille des pentatomes (Pentatomidae), dont les quelques 5000 espèces sont communément appelées punaises à bouclier ou punaises des bois. Il en existe plus de 5000 espèces à travers le monde.

    C’est un fait, cette punaise est végétarienne (il en existe des carnivores), et présente en masse elle peut vous doubler pour récolter. Mais ne la confondons pas avec Halyomorpha halys, dite Punaise diabolique (rien que ça…), même si les médias choisissent apparemment leurs photos au hasard pour illustrer leurs bafouilles. Pour les différencier, le site de l’inra nous aide.

    punaise des baies
  • En théorie

    Le Grand collier argenté

    Grand collier argenté
Boloria euphrosyne

    Aussi connu sous le nom de Nacré sagitté, le papillon Boloria euphrosyne vole tout l’été près du sol, s’arrêtant régulièrement pour se nourrir de fleur comme la bugle. Notons les deux grandes « perles » blanches au milieu de l’aile, ainsi que sept autres le long de l’aile postérieure, qui lui valent son nom anglais : Pearl-bordered Fritillary.

  • En théorie

    L’melze

    Vous la nommez larix, en grec et latin; les Alpinoys la nomment melze

    Rabelais, Pentagruel

    Et nous héritons son nom commun des Alpinoys, voici le mélèze. Cette espèce pionnière ne craint ni le vent ni le froid. Fait notable : il est le seul conifère à perdre ses aiguilles en hiver… (des contes pour enfants ont des intrigues moins solides que ça). Mais comme ceux de sa race, il a des cônes ! Chaque arbre porte à la fois des cônes mâles, plutôt jaunes, et des cônes femelles à l’impressionnante couleur rose lorsqu’ils sont encore immatures. Les graines seront libérées à la fin de l’été et disséminées par les oiseaux et les mammifères.

    Les conifères sont des gymnospermes, et ils portent des cônes. Les cônes ne sont pas des fleurs mais des écailles agencées autour d’un axe central. A la base de chaque écaille se trouve le système reproducteur de la plante : les écailles mâles disséminent le pollen alors que les écailles femelles renferment l’oosphère. Il ne s’agit pas d’une strate de notre atmosphère, ni du dernier réseau social tendance ^^. En fait c’est l’équivalent d’un ovule, chez les gymnospermes, qui deviendra donc une graine.

    Côté pratique, en plus d’être un excellent bois de construction, on fait de la liqueur de mélèze. M’enfin on fait de la liqueur avec n’importe quoi, me direz-vous.

    cône femelle de mélèze