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    Des kwiks et des kwaks

    J’aimerais faire un petit tour des choses qui n’ont pas marché l’an dernier, car je trouve ce genre de retour d’expérience assez précieux. Ce sont surement des erreurs de débutant, et bien sûr elles sont directement liées à leur contexte et milieu.

    Le paillage

    On ne compte plus ses vertus, le paillage c’est trop génial. Mais pas tout le temps. Le climat n’était-il pas adéquat, ou le paillage trop épais, ou trop tassé par les pluies, toujours est-il que les semis n’ont jamais su le traverser pour trouver la lumière. Il n’y a que les spontanées de type Achillée, avec leurs imposantes racines, qui ont eut assez de ressource pour émerger. Et je ne parle pas de graines de salades ou d’amaranthe, ou autres trucs tout petits. J’évoque plutôt les fèves et autres pois.

    Plus tard dans la saison, j’ai renouvelé l’expérience avec des graines de radis sous un paillage léger. Mais apparemment c’était encore trop dense. Le plant s’est tellement tortillé entre les brins du paillage qu’au final on a une longue racine grêle et quelques feuilles un peu ridicules. Prudence donc.

    Un autre point contraignant, c’est que le paillage « cache » des choses. C’est bien l’idée me direz-vous. Mais il peut aussi cacher des ennuis. Comme des prédateurs.

    Les semis en godets

    La fonte des semis, ce phénomène dû à un champignon qui se plait dans un environnement chaud et humide, j’en ai eu très peu en début de saison. Et puis après, beaucoup, et sur des pieds un peu étoffés, pas forcément sur des petites plantules. Gardons donc à l’esprit que ça peut toucher toute plante en milieu confiné.

    Les semis pleine terre

    Bon alors là c’est facile, on a eu 2 pieds de fèves sur 30, 3 salades sur 20, un tiers des radis à peine… bon, on voit le tableau. Il a fait froid jusqu’à tard, les semis sont morts ou ont végété à l’état de plantule. Et tout le temps qu’ils ne poussent pas, ils restent très vulnérables à leurs prédateurs en tous genres.

    Les prédateurs

    En premier ç’a été les rats taupiers, qui ne facilitent pas du tout la tache. Ils aiment la terre meuble, aussi ont-ils beaucoup de goût pour les languettes que l’on vient de greliner. Parfois ils dévorent ce que l’on plante, comme les pomme de terre. Et comme tout ça est très bien paillé, c’est difficile à contrôler. Parfois ils se contentent de « passer » comme par hasard par un de vos pieds, lequel tombe pitoyablement sur le côté. On a joué à la guéguerre avec un pied d’estragon repiqué chaque matin et déterré chaque nuit pendant un petit moment. Bon, l’estragon est mort. L’émotion.

    Il y a les limaces. Ne nous mentons pas : elles habitent dans le paillage et les bûches qui délimitent chaque languette.

    C’est vrai que dans la mesure du possible il faut planter plus que nécessaire pour permettre à la biodiversité de prendre sa part. Mais ne rêvons pas. La part que prélève un chevreuil nuit après nuit excède largement nos plants, eux-mêmes liés à la quantité de graines disponibles (et la première année, tant que l’on n’a pas soi-même fait ses graines, on trouve souvent qu’on en a trop peu). Juste à garder en tête.

    Enfin bien sûr il y a eu les altises. Et là c’est ma grande faute : il eut fallu agir dès les premiers individus. La rapidité de leur reproduction est telle qu’elles vous prenne de vitesse et qu’on passe du semi préventif au total curatif, et c’est moins facile, et on perd des pieds entiers au passage.

    Les carnivores

    Oui, si un enclos est poreux aux prédateurs, ils risquent de venir, même quand on se trouve dans le jardin. On a fait un immense parcours pour nos poules, pour les contenir plus que pour éviter les prédateurs. Ça n’a pas loupé. Les vieux du coin vous le diront : le renard vient chaparder au nez et à la barbe, par exemple quand on est en train de déjeuner dans la maison alors que les poulettes s’ébattent dans leur parcours.

    Le sirop

    Je ne savais pas.. le sirop peut tourner. Pour l’éviter, il suffit de stériliser les bocaux.

    Planter tout n’importe où

    Ça a plusieurs attraits : c’est beau, ça permet de planter densément, de multiplier les associations bénéfiques, d’échelonner les semis… Par contre, c’est plus difficile à gérer. En novice, il faut bien anticiper la place dont pourrait avoir besoin chacune, ainsi que l’ombre qu’elle pourrait porter. Par exemple, dans les associations que je n’ai pas su mener, il y a la languette pomme de terre + salades. Normalement, les salades sont récoltées avant de butter les patates. Mais là, les salades ont pris un peu leur temps. Du coup, double punition : on ne peut pas butter correctement les patates sans nuire aux salades, et de toutes façons les salades situées côté nord sont restées naines, gênées par l’envergure du buttage.

    Donc

    Cette liste non exhaustive des petits kwaks a pour seule vocation d’attirer notre attention sur d’éventuelles difficultés. Ca ne veut pas dire que je vais arrêter le paillage ou le mélange des plants, ça veut juste dire que l’expérience se construit peu à peu, au rythme des apprentissages :)