• Not' vie

    Feu mes poulettes

    Contrairement à ce que je pensais, le renard frappe aussi dans la journée sans aucune vergogne. Sputnik, Croquemitaine et La Reine Margot ont donc pleinement achevé leur rôle de maillon d’une chaine dans le grand cycle de la vie (merci Mufasa :’))

    Gardons contre mauvaise fortune bon cœur, je n’y résiste pas : évoquons rapidement Sputnik 1 (du russe qui signifie « compagnon »), le premier satellite artificiel de la Terre. Envoyé par nos voisins russes le 4 octobre 1957, il marque le début de l’ère spatiale et de la course à l’espace. Ce beau bébé est une sphère en aluminium de 58cm de diamètre pour 83kg, doté de 4 antennes. Il renferme son équipement et ses batteries d’alimentation, le tout baigné dans de l’azote. Sa mission : transmettre par radio des indications sur la température et la pression à bord afin de vérifier le bon fonctionnement du système de pressurisation et de thermorégulation. Par ailleurs, « l’étude de ses signaux devait donc permettre d’étudier la propagation des ondes dans l’atmosphère et l’étude de sa trajectoire devait fournir des informations sur la densité de la haute atmosphère et sur la forme exacte de la Terre. » (wiki)

    Au bout de 22 jours, ses batteries épuisés, Sputnik 1 s’éteint et se désintègre.

    On peut entendre ici le poétique Beep de la transmission radio, diffusé par la Nasa :

  • En théorie

    Faire un œuf en 9 étapes

    Quand même, cette histoire de poule qui pond un œuf tous les jours, ça me tracassait. Et si aujourd’hui elle n’a pas pondu, est-ce par qu’elle a passé une mauvaise journée ? ou une mauvaise nuit ? Et pourquoi pas 2 par jour ? ou 18 ? Et pourquoi uniquement les oiseaux de basse-cour ?

    Dans la nature, les oiseaux pondent plutôt une fois par an, après la copulation. Il existe toutefois des exceptions, de ponte hors saison ou d’œufs non fécondés ; ce sont des cas minoritaires mais pas rares. Après des milliers d’années de sélection, nous avons fait de la poule un engin de ponte ultra efficace, avec en plus une nette augmentation le siècle dernier. Nous avons donc fait de l’anomalie la norme.

    Les poules sont dites de ponte ou de chair. Bien sûr on peut les engraisser et avoir des œufs, ces catégories ne font que refléter les efforts de sélection qui ont abouti à leur race. Monsieur Prangé nous met toutefois en garde dans sa prose imagée :

    On sait que les femelles obèses, dans beaucoup de classes d’animaux, sont impropres à la génération. Chez elles, la somme d’excitation nécessaire pour faire fonctionner les organes générateurs se trouve pour ainsi dire noyée dans la graisse.

    L. Prangé, Les poules bonnes pondeuses reconnues au moyen de signes certains, et indications pratiques pour faire des poulets et des volailles grasses, 1852

    :D

    Le cheminement commence au niveau des ovaires : environ chaque jour, un ovule, dit ovocyte, commence un développement d’à peu près 20 jours afin de devenir mûr : c’est le jaune d’œuf, savamment nommé vitellus. Après ça, il lui faudra 24h pour être pondu. Au cours des opérations, l’œuf se dote de blanc d’œuf, de chalazes qui maintiennent le jaune bien au centre, puis de membranes et enfin de la coquille.

    La coquille est constituée de carbonate de calcium, que la poule trouve dans son alimentation, notamment sous forme de gravier. La coquille d’un œuf pèse environ 5g, or aucune poule ne peut absorber quotidiennement assez de calcium pour suffire à cette demande jour après jour (une coquille représente 10% du calcium du volatile… c’est énorme). Hors période de ponte, le carbonate de calcium est stocké dans les os de la poule. En plus de ce qu’elles trouvent dans leur alimentation, elles utilisent donc ce calcium de réserve. Cela explique pourquoi les jeunes poules font des œufs plus petits, et pourquoi les coquilles en début de période de ponte sont plus solides. Un autre facteur limitant de la ponte est la chaleur : les poules ne transpirent pas, elles doivent donc haleter comme les chiens, ce qui crée une fuite de CO2, lequel sert à solubiliser le carbonate, ce qui diminue la quantité de carbonate de calcium disponible. Pour y remédier, il paraît qu’on peut leur faire boire de l’eau gazeuse !

    La coquille respire par des milliers de pores. C’est pourquoi il ne faut pas laver les œufs. Notons aussi qu’après la ponte, l’albumen, composé à 90% d’eau, se rétracte légèrement, créant ainsi une chambre à air entre les deux membranes. Cette poche servira au poussin à respirer pendant sa lente progression vers l’extérieur au moment de l’éclosion.

    La couleur de la coquille est définie par la génétique, alors que la couleur du jaune est donné par l’alimentation de la poule.

    Voici ici un document très complet du Dr P.FRESSY qui m’a aidé à comprendre. Le net regorge d’informations floues et parfois contradictoire, la littérature du XIXe est assez peu bavarde sur le sujet, et je n’ai pas de livre spécialisé sous la main. Si vous repérez des erreurs, n’hésitez pas à le faire savoir :)

  • Not' vie

    Point de plaisir !

    Un chapon est un jeune coq auquel on a arraché les deux testicules, pour qu’il ne s’épuise point par les plaisir. (…) Dans son état, cet animal traité durement par les coqs, dédaigné par les poules, n’a d’autre occupation que de manger, dormir et s’engraisser.

    La petite maison rustique, ou Cours théorique et pratique d’agriculture, d’économie rurale et domestique, 1802, Tome 2

    Les ouvrages du XIXe, c’est toujours délicieux :)

  • Not' vie

    La fille aux poules

    § II. — De la fille de basse-cour
    Dans les grandes fermes, si l’on veut tirer de l’éducation des volailles tout le profit possible, il faut leur donner un surveillant spécial. C’est une femme qu’on charge ordinairement de ce soin : il faut qu’elle soit douce, patiente, adroite et vigilante, qu’elle se fasse connaître et aimer de ses volailles, en venant souvent au milieu d’elles, en les caressant, en leur donnant à manger dans le creux de sa main une nourriture dont elles soient friandes, en protégeant les plus faibles contre les attaques des autres.

    Maison rustique du XIXe siècle, Livre II, Chap XX, Section 1

    Apparemment c’est moi ^^

    (oui, l’une d’elles s’appelle Sputnik)

  • En action

    Poules & plumes

    Mes poulettes sont de sympathiques volatiles qui reconnaissent en moi la Grande Pourvoyeuse de Grain. A ce titre, elles ne me craignent pas, accourent vers moi quand elles me voient, voire recherchent ma compagnie – c’est du moins ce que je me plais à penser. Par ailleurs, je les laisse souvent gambader en liberté. Le revers de la médaille, c’est qu’elles passent la clôture que nous avons établie à grand peine pour elles – autour d’un espace aux dimensions très respectables – pour venir à ma rencontre. Je ne dirais pas qu’elles « volent », mais elles se propulsent avec un bon coup de jarret et leurs ailes les aident à gagner les quelques centimètres qui les séparent du haut de la clôture.

    Or le potager commence à se garnir de toutes parts, et je ne veux pas les laisser en liberté en permanence. J’ai donc choisi de leur « couper les ailes ».

    En fait, cette opération est moins impressionnante que ce que je pensais. Il suffit de vous munir d’une poule et d’une paire de ciseaux, et d’agir sur une seule des ailes en reproduisant les mêmes gestes que sur une vidéo tuto trouvée sur le net, qui vaut bien mille mots.

    On coupe des plumes dites « rémiges primaires ». C’est sur elles que s’exercent les principales poussées pour le décollage et au cours du vol. Ces rémiges, à la hauteur où on les coupe, ne sont pas vascularisées, donc a priori ça ne devrait pas se finir dans un bain de sang.

    Nota bene : les plumes sont des phanères, c’est à dire des productions tégumentaires composées essentiellement de kératine. Comme les cheveux, les ongles, les cornes… Les plumes ont une durée de vie limitée, donc elles repousseront à la prochaine mue !

    Plumes iridescentes de Croquemitaine
  • Not' vie

    Elle est où la poulette ?

    Les poulettes sont arrivées ! A priori, il s’agirait d’hybrides, une rousse et deux harco. Je ne m’y connais pas encore bien en poulette, mais j’ai retenu qu’elles devraient dormir dans un endroit sécurisé, pondre dans un endroit douillet, avoir beaucoup de place pour elles, recevoir amour et attention car elles ne sont pas débiles, manger de la vraie nourriture et non nos déchets alimentaires, être plutôt au moins trois, être plutôt accompagnées d’un coq pour leur sécurité physique et psychologique. J’espère que dans les années à venir, on parviendra à un système auto-suffisant où les poulettes apportent de fumier qui sert à faire pousser des plantes qui servent à nourrir les poules, dans un cycle éternel et parfait.

    En attendant, elles ont été bien sages pendant le voyage, voire même carrément à l’aise, si bien qu’une d’elle a même pondu dans le carton de transport !